Alfa Jerry: Un réfugié qui a réussi au Rwanda

Parti de rien, le jeune burundo-congolais, devient aujourd’hui un “self made man”, faisant ainsi face au niveau de vie d’une ville en pleine croissance économique.

Exilé à Kigali depuis avril 2015, l’homme aux dreadlocks et au corps tatoué n’a pas peur d’affronter tout défi pour réaliser ses rêves et ses passions. Cela lui a valu donc de vivre de sa tête et de sa poche dans un pays où il faut savoir saisir des opportunités cachées pour pouvoir s’en sortir. Kwizera Alpha de son vrai nom, il est ensuite baptisé Jérémie, d’où Jerry, son nom d’artiste. Né au Burundi en 1990, il grandit en RDC auprès de son père où il fait sa scolarité jusqu’à la fin du secondaire. Il rejoint ensuite sa mère au Burundi où il intègre l’Université nationale pour des études en électronique. Faute de moyens, il sera obligé d’arrêter en cours de chemin.

Réfugié à Kigali

La situation politique du Burundi de 2015 ne le ménage pas non plus. Il quitte le pays dans la foulée, et s’exile alors chez le voisin du nord. Arrivé au Rwanda, il est accueilli par le célèbre Hope Irakoze, chanteur burundais évoluant au Rwanda, lauréat de la 6ème edition du Prix Tusker Project Fame. “C’est Hope qui m’a intégré dans la société rwandaise et qui m’a lancé dans la musique karaoké à Kigali”, lance Alfa, non sans s’émerveiller de cette personne dont il cite chaque fois le nom… “Hope m’a beaucoup aidé, que Dieu le bénisse abondamment”, chante-t-il presque.

Et de fait, c’est Hope qui l’introduira au fameux Hôtel des Mille Collines, où ils chanteront ensemble au sein de Hope Band pendant une année et demie au Legacy Lounge de l’Hôtel. En même temps, notre débrouillard faisait le DJ après le karaoké au même endroit.

Au milieu de 2017, il commence à travailler seul comme DJ au Café Arabica situé au quartier présidentiel de Kiyovu. Et quand le Café ferme, il fallait trouver un plan suivant. Il est accueilli au Bar Resto Suprimo, toujours comme DJ. Après Suprimo, c’est le Papyrus, un bar bien connu à Kigali, fréquenté par des gens de la haute classe et par des expatriés.

Le début d’une carrière musicale..

Affermissement plutôt, parce qu’Alfa n’a pas commencé sa musique au Rwanda. Au Burundi déjà, “j’avais sorti sept singles audio et une video”, nous dit-il. Mais c’est comme si il se sent vraiment entré dans la musique avec Tako Tako, cette chanson en vidéo qu’il vient de sortir au mois d’août, fier d’être produit par de grands producers kigaliens tels que Bob Pro et Moussa RDay. Sûr de lui, il nous lance : “J’ai commencé et je ne compte pas arrêter.” Et de révéler : “Moi et mes deux producteurs, nous avons même un projet de créer un style de musique particulier, du genre –African Dance Hall-, un mélange du moderne et du traditionnel.” Il promet d’ailleurs une surprise au mois de décembre courant, avec sa prochaine sortie.

Le tatouage, une autre ancienne passion..

A côté de la musique, le citadin de Bujumbura vit aussi du tatouage qu’il pratique depuis 2013. Un tatoueur plutôt professionnel s’il faut voir certains de ses tatoués. 505 personnes tatouées depuis qu’il est a Kigali en 2015, nous indique-t-il.

Grâce au tatouage et à la musique, Alfa a pu donc affronter une vie dont beaucoup craignent la cherté, dans une ville en pleine mutation économique, avec un statut de réfugié. Seul, il a pu financer ses études universitaires en sciences informatiques qu’il est en train de finaliser. Parmi ses rêves, “une carrière musicale bâtie, et un salon de tatouage.”

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