Burundi : Le président burundais appelle les réfugiés à rentrer.

Le président de la République du Burundi Pierre Nkurunziza lance un appel pressant aux réfugiés burundais de se rapatrier volontairement avec l’appui des pays dʼaccueil et du HCR.

Dans un message présidentiel un appel pressant de rapatriement volontaire des réfugiés burundais de différents pays d’exil a été lancé ce 31 Décembre 2018 par le président de la République du Burundi Pierre Nkurunziza, lors du dernier discours habituel de meilleurs vœux de nouvel an au peuple burundais. “Nous souhaitons que tout burundais réfugiés en pays d’exil qui souhaite se rapatrier puisse s’exécuter cette année 2019“, a déclaré dans son discours tout en révélant à l’opinion nationale et internationale que l’année 2019 est baptisée au Burundi “Année de rapatriement et de paix“.

Il poursuit en disant que “le gouvernement et la population burundaise sont prêts à accueillir les réfugiés burundais avec honneur”. Il a déclaré aussi que” la paix et la sécurité au Burundi est une réalité” tout en invitant le HCR et les différents pays dʼaccueil d’en faciliter le rapatriement volontaire.

Des réactions en opposition à cet appel au rapatriement volontaire de réfugiés burundais viennent de partout. Des présidents et ex présidents des camps des réfugiés en République rwandaise, en R D Congo, en Ouganda et en Tanzanie crient haut et fort et donnent un contre message à cet appel arguant que la situation sécuritaire au Burundi n’est pas de nature à permettre un rapatriement volontaire de réfugiés.

Ils disent qu’en faisant une analyse de la situation socio-politique au Burundi, rien ne peut garantir aux rapatriés de pouvoir être dignement rétablis dans leurs droits politiques et sociaux bafoués par le pouvoir de Bujumbura.

D’expérience, ils disent que pas mal de personnes ayant répondu positivement aux précédents appels présidentiels de rapatriement de ce genre sont tombés dans un piège leur tendu. La plupart d’entre eux ont subi des coups et blessures volontaires graves allant jusqu’ à  la mort, des assassinats et même des disparitions opérées par des éléments de l’armée burundaise, de la police et des Imbonerakure, une milice  affiliée aux institutions étatiques burundaises.

Sʼexprimant sur cette situation de crise institutionnelle au Burundi, une situation  de messages et de contre messages à  un appel de rapatriement volontaire, l’ancien bâtonnier burundais Me Isidore Rufyikiri trouve normal l’appel au rapatriement volontaire de réfugiés et pose néanmoins certaines garanties qui devraient être observées par le pouvoir de Bujumbura. Des garanties en conditionnalités qui sont pour la plupart des garanties de sécurité publique, des amnisties pour des réfugiés politiciens et surtout d’une restauration d’un véritable dialogue entre le pouvoir de Bujumbura et la véritable opposition burundaise.

 

La Rédaction

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