Mulongwe : une jeune réfugiée burundaise tuée après être violée

Situé au Sud-Kivu en RDC, le camp de Mulongwe a été ouvert en novembre dernier pour désengorger celui de Lusenda en faveur des réfugiés burundais. Depuis qu’ils sont là, ces burundais sont loin d’être en sécurité.

Le dernier fait date de ce mercredi 12 septembre. Gretta Shurweryimana, tuée en plein air dans l’avant-midi, après être violée. Auteurs inconnus jusque-là. Elève en 8ème année à l’Institut Katalukulu, la jeune fille de 15 ans s’était rendue le matin à l’école mais les enseignants lui ont dit de retourner pour revenir dans l’après-midi. Le drame alors se passe au chemin du retour, en pleine journée. Une voisine témoigne que “la fille avait dit à sa mère il y a quelques jours qu’il y a des personnes qu’elle ne connaît pas qui lui courent derrière.”

Cette femme ne cache pas sa peur quant à la sécurité générale des réfugiés du camp en révélant la façon dont la fille a été tuée. “Après avoir été violée, la victime a été égorgée, la tête retournée en arrière, et sa jambe a été cassée. Nous avons donc peur parce qu’il y en a encore qui dissent être poursuivies par des inconnus”, confie-t-elle. Et d’ajouter : “Nous ne savons pas qui font cela, nous ne savons pas si ce sont des voisins, ou si c’est un autre groupe de malfaiteurs.” Elle demande alors au Conseil National pour les Réfugiés “d’aider les réfugiés et la population locale à entretenir une cohabitation pacifique parce que c’est avec elle et grâce à elle que nous gagnons notre vie. Ou alors que ce Conseil nous assure une sécurité complète.”

Au moment du passage du Haut commissaire pour les réfugiés des Nations unies au camp de Mulongwe le 7 avril dernier, le gouverneur du Nord Kivu avait en effet plaidé en faveur de la population locale qui accueille ces réfugiés pour qu’elle ne soit pas oubliée par le HCR. “Je vous demande d’appuyer aussi les habitants pour que leur cohabitation pacifique puisse être raffermie.”, lui avait-il signifié, cité par RFI.

Des réfugiés qui partagent tout avec la population locale

Un des réfugiés sous anonymat demande aux autorités administratives locales de ramener à l’intérieur du camp le marché, le centre de santé et les écoles. Ceci serait en effet une façon de parier à ce problème d’insécurité parce que les réfugiés ne seraient pas obligés de sortir du camp pour subvenir aux besoins de base. En effet, le marché de Katanga en l’occurrence où ces réfugiés s’approvisionnent est à 50 min du camp de Mulongwe où il faut payer 1500 fr congolais si on veut s’y rendre à moto. Et pourtant, selon nos confrères de Radio CongoShare, ce problème de marché est évoqué depuis bientôt 5 mois.

Signalons que selon le HCR, la RDC accueille plus de 540 000 réfugiés sur son sol dont environ 90 000 civils Burundais.

La Rédaction.

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