Panique au camp de réfugiés de Mutendeli en Tanzanie

Au cours d’une réunion tenue au camp lundi 3 septembre, le chef du camp et le chef de la police, ont déclaré aux réfugiés n’ayant pas encore reçu les cartes d’identification qu’ils doivent quitter le pays pas plus tard que jeudi le 5 septembre.

Ce n’est pas seulement cela. Plus question de motos ou vélos-taxis dans le camp. Or, ceci constituait un moyen de survie pour beaucoup d’entre eux, directement ou indirectement. Des mesures donc toute faites pour accélérer le rapatriement forcé des réfugiés burundais que le gouvernement tanzanien met en oeuvre depuis plusieurs années.

Eric (nom d’emprunt) s’indigne contre de telles mesures: “Ceci va se répércuter très négativement sur notre vie, du moment que notre vie dépendait essentiellement pour certains des motos et vélos-taxis, et que c’est cela qui permettait l’activité des petits commerçants au camp.” Pour lui donc, c’est une façon d’accélérer leur rapartiement forcé que le gouvernement tanzanien met en oeuvre “tout en le niant.” Il n’est pas sans peur: “Nous sommes dans une impasse, nous ne savons pas où aller, et nous ne sommes pas encore prêts à rentrer du moment que la cause de notre fuite est toujours là.”

On ne rentrera pas, malgré cela

Malgré toutes ces mesures et intimidations, les concernés jurent qu’ils ne sont pas prêts à rentrer. Une jeune fille sous anonymat déclare avec beaucoup de peur et d’inquiétude : “Mes parents sont morts, et ma grande soeur était déjà au camp. Elle m’a dit de la rejoindre et m’a fait inscrire à l’école. Je ne peux donc pas retourner au Burundi parce que je n’ai personne là-bas. La seule parenté qui me reste est ici au camp, et je n’ai donc personne à trouver là-bas.” La même chose pour une autre fille dont la famille est morte et ne saurai trouver personne au Burundi.

Ceux qui n’ont pas leurs cartes aujourd’hui en effet, sont arrivés au camp après la fermeture de la distribution des cartes et devraient normalement attendre un autre rendez-vous pour avoir ces cartes.

Si ces mesures sont mises en oeuvre, la Tanzanie aura expulsé –une fois de plus- plus de 350 réfugiés burundais dont essentiellement des enfants de moins de 18 ans et des femmes séparées de leurs maris.

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