Rwanda: Fabrice, un jeune refugié burundais qui a su réorienter le “destin”

Le destin aurait voulu que comme réfugié, il vive malheureux, loin de sa famille. Mais hélas, ce jeune de Bujumbura a pu se démener dans un pays pas des moins chers et vit normalement comme tout le monde.

Fabrice Ihabatoni, est arrivé à Kigali en août 2015, en pleine crise burundaise dont les victimes étaient à ce moment essentiellemet des jeunes des quartiers dits “contestataires.” Originaire de Nyakabiga, il n’a pas non plus été épargné par la secousse et a pris refuge au Rwanda.

Ses premiers jours dans la capitale rwandaise n’étaient pas si meilleurs que ça, comme tous les autres réfugiés qui arrivent pour la première fois dans un pays d’asile. Il se débat alors et après 5 mois, sa famille l’aide à intégrer une école de formation professionnelle à Kigali, (Ester’s Aid) où il apprend le métier d’hôtellerie. Il avait jusque-là un petit diplôme en Informatique de maintenance qu’il avait obtenu à l’ECOTEC, une école technique secondaire de Bujumbura.

Le jeune homme aux petits dreadlocks, motivé et engagé, verra aussi la chance lui sourire. En 2017, il décroche un certificat en hôtellerie après 6 mois de stage à l’Hôtel Marasa Umubano, l’ancien Méridien de Kigali. Il y travaillera d’ailleurs pendant 4 mois avant d’être embauché par un hôtel dans la province Est du pays, où il travaille actuellement.

Un réfugié heureux

Tout en n’étant pas confortable dans son statut de réfugié, “je suis quand-même à l’aise dans ma vie quotidienne et je vis comme tout le monde”, se réjouit-il. Avant d’ajouter, “j’ai même pu aider 2 amis à payer leur formation au même centre où j’ai étudié.” Un soutien qui vaut en tout 600 mille Frw. Selon lui donc, la situation de réfugié n’équivaut pas nécessairement à une vie de misère, et “on peut être heureux tout en étant réfugié.”

A côté de ce travail, Fabrice a aussi une autre passion; la musique. Chanteur de chansons engagées, il a d’abord chanté en hip hop depuis 2012, et à partir de 2015, il a adopté le reggae. 4 singles et 1 autre en préparation à son actif jusqu’aujourd’hui.

Tout en ne se plaignant pas de sa vie, Fabrice garde quand-même l’espoir de retrouver son pays, “parce que chez soi reste chez soi, et puis là-bas je pouvais gagner mieux”, estime-t-il.

A 25 ans, le jeune chanteur ne pense pas encore au marriage, et n’est “même pas engagé”, et “je ne pense pas le faire avant 4 ou 5 ans”, conclut le reggaeman.

La Rédaction

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