Violences sexuelles dans le nord du pays : 90 victimes recensées en seulement quelques mois

Entre la fin de l’année 2024 et mars 2025, plus de 90 filles et femmes ont été victimes d’abus sexuels dans les provinces du nord du pays. Parmi ces victimes, 98 % sont des filles ou des femmes, et une grande partie d’entre elles sont âgées de moins de 18 ans. Ces chiffres, révélateurs d’une réalité inquiétante, suscitent une onde de choc et des appels à l’action dans tout le pays.
Les conséquences de ces abus ne sont pas uniquement physiques : elles laissent également des séquelles émotionnelles et psychologiques profondes. Médard Niyimpaye, expert en santé mentale à la "Fondation Umugiraneza", souligne que les blessures psychologiques des victimes nécessitent tout autant d’attention que leurs blessures physiques. Il regrette que de nombreuses victimes ne soient pas identifiées, ce qui complique leur accès aux soins.
Les défis des victimes : stigmatisation, isolement et impacts à long terme
Les victimes de ces violences font face à de multiples épreuves. En plus des blessures physiques, elles doivent souvent affronter la stigmatisation sociale, des maladies sexuellement transmissibles et, dans certains cas, des grossesses non désirées. L’expert a insisté sur la nécessité de fournir à ces femmes et filles un environnement où elles peuvent se sentir soutenues et accompagnées.
Innocent Hankanimana, pasteur et membre de l’association "Agape pour l’enfant africain", a également mis en lumière un problème préoccupant : l’influence de la pornographie sur les réseaux sociaux. Selon lui, cette exposition est parfois un facteur contribuant à certaines violences sexuelles, un problème qu’il considère urgent de régler par l’éducation et la sensibilisation.
Appel à une mobilisation collective
L’organisation Fenadeb plaide pour une mobilisation des familles, des autorités et des militants des droits de l’enfant afin de prévenir ces violences. L’éducation des parents et des enfants est primordiale pour leur apprendre à mieux utiliser la technologie de manière sécurisée. Ils demandent également une formation accrue des forces de sécurité et des représentants du gouvernement pour une meilleure prise en charge des cas de violences sexuelles.
Les experts rappellent que les victimes de violences sexuelles ont besoin d’un accès immédiat à des soins médicaux, mais aussi à un soutien psychologique pour surmonter les traumatismes. De nombreuses associations locales appellent à la solidarité et à l’accompagnement des victimes, afin de leur permettre de se reconstruire dans un cadre bienveillant.
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