Burundi : L'association « Abagabo mu gahinda » brise le tabou des violences conjugales faites aux hommes
L’association « Abagabo mu gahinda » (Hommes en détresse) tire la sonnette d'alarme. Dans un rapport publié ce 22 mai, l'organisation révèle avoir recensé douze cas de violences sexuelles et conjugales graves perpétrées contre des hommes, sur une période d'à peine un mois, entre le 14 avril et le 21 mai 2026.
Un bilan alarmant et mortel
Selon les données communiquées par le président de l’association, Boniface Nduwimana, l'extrême gravité de ces violences a conduit à la mort de quatre victimes :
Un homicide : Un homme a été mortellement battu à coups de gourdin.
Trois suicides : Poussés à bout, trois hommes ont mis fin à leurs jours.
Le reste du rapport fait état de sévices corporels d'une rare violence. Deux hommes ont été gravement brûlés avec un fer chauffé, tandis que cinq autres ont été blessés à l'aide d'armes blanches (couteaux ou machettes). Par ailleurs, l'association rapporte un cas de viol commis sur un homme par une femme dans la province de Kayanza.
Le poids du silence et de la honte
Pour « Abagabo mu gahinda », ces chiffres ne sont que la face visible de l'iceberg. Si les violences domestiques envers les hommes sont une réalité bien tangible au Burundi, elles restent profondément sous-documentées.
« Les victimes ont souvent un mal immense à briser le silence, par peur d’être ridiculisées, stigmatisées ou tout simplement de ne pas être prises au sérieux par leur entourage et les autorités », souligne l'association.
Un appel à une justice impartiale
Face à ce constat, l’organisation appelle à une prise de conscience collective et interpelle directement l'appareil judiciaire. Elle réclame que ces affaires soient traitées avec la plus grande rigueur et sans aucun favoritisme de genre, rappelant que la lutte contre les violences intrafamiliales doit protéger chaque citoyen, quelle que soit la victime.

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