Tué puis pendu pour faire taire la vérité : un crime de trop à Cibitoke

L’organisation de défense des droits humains King Umurundi Freedom a lancé une campagne de dénonciation contre ce qu’elle qualifie de cycle récurrent de violences commises par les Imbonerakure, à la suite de la mort jugée « cruelle et suspecte » de NIBIZI Selapiyo, un citoyen burundais décédé après avoir été violemment agressé puis détenu dans un cachot de police à Cibitoke.

Jan 22, 2026 - 08:00
 0  1.1k
Tué puis pendu pour faire taire la vérité : un crime de trop à Cibitoke
Photo de l'organisation King Umurundi Freedom

La victime, âgée de 47 ans, était originaire de la colline Mihiza, zone Kiramira, commune Rugombo, dans l’ancienne province de Cibitoke, aujourd’hui intégrée à la province de Bujumbura. Marié, père de quatre enfants, NIBIZI Selapiyo laisse derrière lui une famille endeuillée et une population locale choquée.

Une interpellation qui vire au passage à tabac

Selon les informations recueillies par King Umurundi Freedom et des témoins locaux, les faits se sont produits le samedi 17 janvier 2026, aux environs de 18 heures. NIBIZI Selapiyo quittait son domicile pour se rendre dans un centre commercial informel de la localité de Cibitoke lorsqu’il a été intercepté par trois Imbonerakure, dont KWIZERIMANA Jacques, présenté comme un responsable bien connu du centre concerné.

Les témoins indiquent que la victime aurait tenté de poursuivre son chemin après l’interpellation, ce qui aurait provoqué la colère des Imbonerakure. Ces derniers l’auraient alors violemment agressée, l’accusant de les avoir méprisés. L’intervention de citoyens présents sur les lieux aurait temporairement mis fin aux coups, avant que les agresseurs n’annoncent leur intention de l’emmener en détention.

Décès en détention et mise en scène présumée

Toujours selon la même source, NIBIZI Selapiyo a été ligoté, transporté à moto, puis enfermé dans le cachot de police de Buhindo, à Cibitoke. Des témoignages concordants font état de nouveaux sévices graves à l’intérieur du cachot, sous le regard d’un policier en poste, qui n’aurait tenté aucune intervention.

La victime serait décédée des suites de ces violences. King Umurundi Freedom affirme que les Imbonerakure impliqués auraient ensuite suspendu le corps à l’aide d’une corde, cherchant à faire croire à un suicide. Une version largement contestée par les habitants, qui soulignent des traces visibles de coups, ainsi que la position du corps jugée incompatible avec une pendaison volontaire, éléments appuyés par des images circulant dans la communauté.

Colère populaire et crainte de l’impunité

Le lendemain, dimanche 18 janvier 2026, des habitants en colère ont exigé l’arrestation de tous les responsables. Un policier en service ainsi qu’un Imbonerakure auraient été brièvement interpellés, tandis que d’autres suspects auraient pris la fuite. Des sources locales craignent toutefois une libération rapide sans jugement, une pratique que dénoncent régulièrement les organisations de défense des droits humains.

King Umurundi Freedom interpelle les autorités

Dans un communiqué, King Umurundi Freedom condamne fermement ce qu’elle qualifie d’« assassinat extrajudiciaire » et dénonce le silence des institutions judiciaires.

« L’inaction de la justice face à des crimes aussi graves alimente un climat d’impunité dangereux pour l’avenir du Burundi », affirme l’organisation.

Elle appelle les autorités burundaises à ouvrir une enquête indépendante, à poursuivre tous les responsables, y compris au sein des forces de l’ordre, et à mettre fin aux violences attribuées aux Imbonerakure, qui, selon elle, continuent de semer la peur au sein de la population.

King Umurundi Freedom avertit enfin que l’absence de justice dans des affaires comme celle de NIBIZI Selapiyo risque d’aggraver les tensions sociales et de compromettre durablement l’État de droit au Burundi.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX