Négociations avortées entre le gouvernement burundais et des groupes armés y compris Red Tabara : une opportunité de paix compromise
Une tentative de négociation entre le gouvernement burundais et plusieurs groupes armés, dont le mouvement rebelle Red Tabara, a tourné court malgré des engagements officiels en faveur de la paix. Des sources proches du dossier dénoncent un revirement politique au plus haut niveau de l’État, ayant conduit à l’effondrement du processus.
Selon ces sources, près d’une centaine d’ex-combattants issus de différents mouvements armés — notamment Red Tabara, FOREBU, FPB et FNL (aile Nzabampema) — auraient manifesté leur volonté de déposer les armes et de rentrer au Burundi. Toutefois, le président de la République, Évariste Ndayishimiye, aurait finalement refusé leur rapatriement, sans fournir d’explication publique.
Pourtant, le 26 octobre 2023, la présidence burundaise annonçait officiellement être disposée à accueillir ces combattants dans le cadre du programme de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR). Ce processus devait se dérouler avec l’appui de l’Institut Européen pour la Paix (EIP) et l’implication du Conseil National des Églises du Burundi (CNEB). À cette période, des consultations avaient été engagées avec plusieurs partenaires internationaux, laissant entrevoir une avancée significative vers une sortie pacifique du conflit.
Selon plusieurs observateurs, le processus était alors effectivement lancé et la paix semblait à portée de main. Cependant, sans communication officielle ni justification connue, le président Évariste Ndayishimiye aurait mis fin aux échanges, coupant tout canal de dialogue. Cette décision soudaine a entraîné l’effondrement du processus de paix, suscitant incompréhension et frustration parmi les acteurs impliqués.
Des critiques estiment que cette rupture engage directement la responsabilité politique du chef de l’État. Ils avertissent que si le mouvement Red Tabara venait à se renforcer et à mener de nouvelles attaques contre le Burundi, les conséquences de l’échec de ces négociations incomberaient au président Ndayishimiye, accusé d’avoir volontairement ou délibérément interrompu un processus jugé viable.
De son côté, le mouvement Red Tabara rejette catégoriquement toute affirmation selon laquelle certains de ses combattants auraient accepté de déposer les armes ou d’engager un rapprochement avec le pouvoir de Gitega. Dans une déclaration attribuée à ses responsables, le groupe affirme : « Aucun combattant de la RT n’a accepté de déposer les armes ni de tendre la main au pouvoir fasciste de Gitega. La RT demeure fidèle à son engagement et réaffirme sa détermination à instaurer un véritable État de droit au Burundi. »
Le mouvement qualifie ces informations de manœuvres de diversion, d’élucubrations sans fondement et de tentatives de chantage politique visant, selon lui, à semer la confusion et à affaiblir ce qu’il considère comme une lutte légitime du peuple burundais.
À ce jour, aucune réaction officielle du gouvernement burundais n’a été publiée pour expliquer les raisons de l’interruption du dialogue. L’échec apparent de ces négociations ravive les inquiétudes quant à la persistance de l’instabilité sécuritaire et à l’absence d’un dialogue politique inclusif et durable au Burundi.

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