Burundi : L'exécution de « Rabin » et le mystère des policiers disparus
Alors que les autorités burundaises maintiennent un silence de plomb, des sources concordantes rapportent l'exécution de Dieudonné Niyukuri, alias Rabin, et de ses compagnons. Plus inquiétant encore, deux policiers impliqués dans leur transfert auraient également été éliminés pour garantir le secret de l'opération.
L’affaire « Rabin » prend une tournure de plus en plus sombre. Disparu des radars depuis son arrestation à la frontière rwando-burundaise en août 2025, le célèbre youtubeur Dieudonné Niyukuri ne donnerait plus signe de vie. Si le Service National de Renseignement (SNR) tente de rassurer les familles, la réalité sur le terrain semble bien plus macabre.
Un transfert sans retour
Selon des informations recueillies et diverses sources locales, le calvaire de Rabin et de ses proches aurait débuté dans les cachots du SNR à Cibitoke. Détenus pendant plusieurs jours, ils y auraient subi des actes de torture sévères.
En octobre 2025, un transfert vers la capitale économique, Bujumbura, est organisé. C'est à la suite de ce déplacement que les traces du groupe se perdent définitivement. Selon plusieurs sources sécuritaires, l'exécution aurait eu lieu peu après ce transfert.
Témoins gênants : deux policiers exécutés
L’élément le plus troublant de cette affaire réside dans l’élimination présumée de membres des forces de l’ordre. Deux policiers, ayant participé à l’escorte de Rabin vers Bujumbura, auraient été exécutés. Cette pratique, si elle est confirmée, suggère une volonté délibérée de l'appareil sécuritaire d'effacer toute preuve matérielle et tout témoignage oculaire concernant le sort réservé aux détenus.
Le double discours des autorités
Face à l'angoisse des familles qui souhaitent entamer le deuil, le pouvoir garde une ligne de conduite ambiguë :
Silence officiel : Aucune communication de l'État sur l'arrestation pour tentative de rébellion armée.
Assurances informelles : Début 2026, un haut responsable du SNR a affirmé aux proches que les prisonniers étaient « toujours en vie », bien que dans un « état critique » nécessitant des soins.
« Ils nous disent qu'ils sont en traitement, mais personne ne peut les voir. C'est une façon de nous empêcher de pleurer nos morts », confie une source proche du dossier.
Un parcours marqué par l'exil
Ancien exilé de la crise de 2015 au Mozambique, Rabin s'était installé au Rwanda en 2024. Son retour clandestin au Burundi en août dernier, par une frontière officiellement fermée, reste entouré de zones d'ombre. Était-il en contact avec des réseaux locaux ? Le SNR semble en être convaincu, puisque plusieurs de ses contacts sur le territoire burundais auraient également été neutralisés.
Malgré les démentis officieux des services secrets, la probabilité d'une exécution extrajudiciaire massive ne cesse de croître, laissant la société civile dans l'attente d'une vérité qui semble s'être volatilisée dans les couloirs du SNR.
Source : Le Mandat

English
Kirundi
Français