Alerte Rouge au Burundi : Impact Generation documente 52 cas de violations graves

Un nouveau rapport de l’organisation Impact Generation dresse un bilan alarmant de la situation des droits humains au Burundi pour les mois d'octobre, novembre et décembre 2025. Entre enlèvements, assassinats et découvertes de corps, l'organisation recense au moins 52 victimes et dénonce un ciblage systématique de l'opposition politique.

Jan 9, 2026 - 06:47
Jan 9, 2026 - 19:30
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Alerte Rouge au Burundi : Impact Generation documente 52 cas de violations graves

Un climat de terreur généralisé

​Le rapport souligne une intensification des exactions dans l’ensemble des cinq provinces du pays. Selon les données recueillies, le mois d'octobre a été le plus meurtrier avec 23 victimes recensées, suivi de novembre (17) et décembre (12). Parmi les victimes figurent majoritairement des hommes, mais également des femmes et des enfants.  

​Les cibles principales de ces violences sont clairement identifiées par les moniteurs :

​Les membres des partis d'opposition, particulièrement le CNL d'Agathon Rwasa et le MSD d'Alexis Sinduhije.  

​Les anciens militaires retraités et les ex-membres de groupes armés (démobilisés du Palipehutu-FNL).  

​Des citoyens accusés, souvent sans preuve, de collaboration avec des mouvements rebelles comme le Red Tabara ou d'espionnage pour le Rwanda.  

Le SNR et les Imbonerakure pointés du doigt

​Le rapport d'Impact Generation attribue la quasi-totalité de ces violations à trois entités : le Service National de Renseignement (SNR), les services de renseignement militaire et la milice Imbonerakure du parti au pouvoir CNDD-FDD.  

​Le mode opératoire décrit est récurrent : des arrestations nocturnes sans mandat, suivies de violences physiques. "Les victimes sont souvent ligotées, sévèrement tabassées à l'aide de gourdins, puis transférées vers des lieux de détention secrets ou vers Bujumbura", précise le document.  

Des corps sans vie et des disparitions forcées

​L'inquiétude grandit face à la multiplication des découvertes de corps sans vie, souvent marqués par des signes de torture ou d'exécution. Le 15 octobre, le corps d'un homme non identifié a été retrouvé à Rumonge, les mains liées dans le dos. En décembre, une femme a été retrouvée égorgée à Gitega. Dans plusieurs cas, la population soupçonne que les victimes ont été tuées ailleurs avant que leurs corps ne soient jetés pour brouiller les pistes.  

Des recommandations urgentes

​Face à ce que l'organisation qualifie de "dérives extrajudiciaires", Impact Generation appelle l'État burundais à :

​Cesser immédiatement les enlèvements et les détentions arbitraires.  

​Mener des enquêtes indépendantes pour traduire les responsables du SNR et des Imbonerakure devant la justice.  

​Réformer les services de sécurité pour mettre fin à leur instrumentalisation politique.  

​L'organisation exhorte également la communauté internationale à accroître la pression diplomatique sur Bujumbura et à renforcer le soutien technique et financier aux défenseurs des droits humains sur place.  

​Impact Generation rappelle toutefois que ces chiffres ne représentent qu'une "fraction de la réalité", le travail de monitoring étant rendu extrêmement difficile par l'insécurité et les restrictions d'accès sur le terrain

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX