Processus de rapatriement Burundi-RDC : Le gouvernement Bazaiba sous le feu des critiques de la population

Alors que le gouvernement congolais durcit le ton sur les conditions de rapatriement de ses ressortissants vivant au Burundi, la toile s’enflamme. Entre la crainte d’infiltrations brandie par Kinshasa et le désespoir des réfugiés dénonçant des conditions de vie inhumaines, le fossé se creuse.

Jan 10, 2026 - 09:31
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Processus de rapatriement Burundi-RDC : Le gouvernement Bazaiba sous le feu des critiques de la population

L’impératif sécuritaire de Kinshasa

​La question du retour des réfugiés congolais installés au Burundi franchit une nouvelle étape diplomatique. Lors d'un échange récent avec Brigitte Mukanga Eno, représentante pays du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) au Burundi, la ministre des Actions sociales et humanitaires, Ève Bazaiba, a été catégorique : le processus d'identification doit être infaillible.

​Pour le gouvernement de la RDC, l'enjeu n'est pas seulement humanitaire, il est sécuritaire. Kinshasa insiste sur un filtrage rigoureux pour éviter toute « infiltration » d'éléments étrangers ou armés sur le territoire national sous couvert de statut de réfugié.

Un climat de tension sur les réseaux sociaux

​Si le gouvernement se veut prudent, une partie de la population congolaise affiche une hostilité croissante envers cette gestion, perçue comme déconnectée de la détresse réelle sur le terrain. Sur les réseaux sociaux, notamment sur X (anciennement Twitter), les critiques sont acerbes.

« Commencez par identifier les infiltrés ! Plus de 100 réfugiés ont déjà trouvé la mort dans les camps au Burundi à cause des mauvaises conditions de vie », s'insurge un internaute, accusant par ailleurs Bujumbura de prendre les réfugiés en « otage » à des fins commerciales.

La question de l'Ouganda en toile de fond

​Outre la situation au Burundi, les citoyens pointent du doigt une forme d'incohérence ou de « politique du deux poids, deux mesures ». Beaucoup rappellent que des millions de Congolais vivent dans des conditions similaires en Ouganda depuis des années, sans que les mêmes mesures de vérification ne semblent être appliquées avec autant de zèle médiatique.

​« Vous êtes la honte pour ce pays », lâche un citoyen, illustrant le sentiment d'abandon ressenti par une partie de la diaspora forcée à l'exil par les conflits à répétition dans l'Est de la RDC.

Les défis du HCR

​Pour le HCR, l'équation est complexe : répondre aux exigences de souveraineté et de sécurité du gouvernement congolais tout en garantissant la dignité et la survie des réfugiés. Dans les camps burundais, la situation humanitaire reste précaire, et le retard pris par les procédures administratives de vérification ne fait qu'aggraver les tensions.

​Alors que les discussions se poursuivent, la pression monte sur Ève Bazaiba pour transformer les discours de « vigilance » en actions concrètes de protection pour ceux qui, de l'autre côté de la frontière, attendent un signe d'espoir de leur patrie

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX