Processus de rapatriement Burundi-RDC : Le gouvernement Bazaiba sous le feu des critiques de la population
Alors que le gouvernement congolais durcit le ton sur les conditions de rapatriement de ses ressortissants vivant au Burundi, la toile s’enflamme. Entre la crainte d’infiltrations brandie par Kinshasa et le désespoir des réfugiés dénonçant des conditions de vie inhumaines, le fossé se creuse.
L’impératif sécuritaire de Kinshasa
La question du retour des réfugiés congolais installés au Burundi franchit une nouvelle étape diplomatique. Lors d'un échange récent avec Brigitte Mukanga Eno, représentante pays du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) au Burundi, la ministre des Actions sociales et humanitaires, Ève Bazaiba, a été catégorique : le processus d'identification doit être infaillible.
Pour le gouvernement de la RDC, l'enjeu n'est pas seulement humanitaire, il est sécuritaire. Kinshasa insiste sur un filtrage rigoureux pour éviter toute « infiltration » d'éléments étrangers ou armés sur le territoire national sous couvert de statut de réfugié.
Un climat de tension sur les réseaux sociaux
Si le gouvernement se veut prudent, une partie de la population congolaise affiche une hostilité croissante envers cette gestion, perçue comme déconnectée de la détresse réelle sur le terrain. Sur les réseaux sociaux, notamment sur X (anciennement Twitter), les critiques sont acerbes.
« Commencez par identifier les infiltrés ! Plus de 100 réfugiés ont déjà trouvé la mort dans les camps au Burundi à cause des mauvaises conditions de vie », s'insurge un internaute, accusant par ailleurs Bujumbura de prendre les réfugiés en « otage » à des fins commerciales.
La question de l'Ouganda en toile de fond
Outre la situation au Burundi, les citoyens pointent du doigt une forme d'incohérence ou de « politique du deux poids, deux mesures ». Beaucoup rappellent que des millions de Congolais vivent dans des conditions similaires en Ouganda depuis des années, sans que les mêmes mesures de vérification ne semblent être appliquées avec autant de zèle médiatique.
« Vous êtes la honte pour ce pays », lâche un citoyen, illustrant le sentiment d'abandon ressenti par une partie de la diaspora forcée à l'exil par les conflits à répétition dans l'Est de la RDC.
Les défis du HCR
Pour le HCR, l'équation est complexe : répondre aux exigences de souveraineté et de sécurité du gouvernement congolais tout en garantissant la dignité et la survie des réfugiés. Dans les camps burundais, la situation humanitaire reste précaire, et le retard pris par les procédures administratives de vérification ne fait qu'aggraver les tensions.
Alors que les discussions se poursuivent, la pression monte sur Ève Bazaiba pour transformer les discours de « vigilance » en actions concrètes de protection pour ceux qui, de l'autre côté de la frontière, attendent un signe d'espoir de leur patrie

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