Scandale à la FDNB : Entre disparitions massives et abandon des blessés, l’armée burundaise face à ses démons
Alors que le silence assourdissant des autorités persiste, la situation au camp de la Défense Contre Avions (DCA) de Bujumbura, surnommé « Guantanamo », atteint un point de rupture. Près de 900 militaires burundais, blessés sur le front congolais, dénoncent des conditions de détention inhumaines et l’abandon total de leur hiérarchie.
Un bilan humain de plus en plus lourd
L'onde de choc a été amplifiée par une intervention de Me Dieudonné Bashirahishize, expert en droit, qui s'interroge sur l'ampleur réelle des pertes au sein de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB). « Si je comprends bien, ces 900 blessés s'ajoutent aux 1000 militaires déjà portés disparus ? », s'insurge-t-il, avertissant que l'histoire demandera tôt ou tard des comptes aux responsables de cette « malheureuse aventure » en République Démocratique du Congo (RDC).
L'enfer derrière les barreaux de la « DCA »
Au sein du camp, l'ambiance est à la désolation. Ces soldats, revenus du front avec des séquelles physiques et psychologiques graves, décrivent un quotidien marqué par la maltraitance :
Famine organisée : Les blessés affirment que leurs rations alimentaires sont systématiquement détournées et volées.
Isolement total : Coupés de leurs familles et du monde extérieur, ils se disent traités comme des parias plutôt que comme des héros de la nation.
Manque de soins : Malgré leurs blessures de guerre, l'accès aux soins semble dérisoire face à l'urgence de leur état.
Un appel direct au Général Prime Niyongabo
Face à ce qu'ils qualifient de mépris de la part du gouvernement, les militaires ont décidé de briser le silence. Leur dernier recours ? Un cri d'alarme adressé directement au Chef d'État-major général, le Général Prime Niyongabo. Ils l'exhortent à intervenir personnellement pour mettre fin à leur calvaire et restaurer leur dignité.
« Nous n'avons rien à manger. Nous demandons au Général Niyongabo de nous venir en aide avant qu'il ne soit trop tard », témoigne une source interne sous couvert d'anonymat.
Le silence embarrassé de l’État
Jusqu'à présent, aucune réaction officielle n'a filtré du côté du ministère de la Défense ou du porte-parole du gouvernement. Ce mutisme alimente les critiques sur la gestion de l'engagement militaire burundais en RDC, où les troupes seraient envoyées sans garantie de soutien logistique ou médical adéquat en cas de revers.
Pour de nombreux observateurs, la situation au camp DCA est le symbole d'une armée sous tension, où la base semble sacrifiée sur l'autel d'objectifs politiques opaques.

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