« Trahison d'État : Des jeunes chômeurs burundais envoyés de force au front ukrainien sous couvert d'études »
BUJUMBURA / DONETSK – Ce qui était présenté comme une main tendue diplomatique pour résorber le chômage des jeunes au Burundi s'est transformé en un aller simple pour l'enfer. Sous couvert de bourses d'études et de partenariats éducatifs, des dizaines de jeunes Burundais se retrouvent aujourd'hui sur le front ukrainien, trahis par leur propre gouvernement au nom des relations bilatérales avec Moscou.
L'espoir était pourtant de mise lorsque les premières annonces ont circulé dans les quartiers de Bujumbura. Pour des milliers de jeunes chômeurs, souvent diplômés mais sans perspectives, l'accord entre le Burundi et la Fédération de Russie apparaissait comme une bouée de sauvetage. La promesse ? Des bourses d'études en génie civil, en agronomie ou en médecine, financées par le partenaire russe.
Une déportation déguisée en opportunité
La réalité, une fois sur le sol russe, s'avère radicalement différente. Plusieurs témoignages confirment un schéma récurrent : à peine arrivés, ces jeunes sont confrontés à une pression administrative insoutenable. Sous prétexte de "frais de scolarité impayés" ou de "besoin de régularisation", ils sont orientés vers des bureaux de recrutement où on leur promet la citoyenneté russe et un salaire mirobolant en échange d'un contrat dont les clauses guerrières sont volontairement floues.
« On nous a dit que nous allions étudier. Une fois là-bas, on nous a mis dans un camion militaire. On ne construit pas des ponts, on creuse des tranchées sous les bombes », témoigne un rescapé.
La complicité du gouvernement burundais
Ce qui scandalise les familles et les observateurs internationaux, c'est le rôle actif joué par les autorités burundaises. Loin d'être une simple erreur administrative, l'envoi de ces jeunes semble faire partie d'un accord tacite entre Bujumbura et Moscou. En échange d'un soutien politique et peut-être matériel, le gouvernement burundais "exporte" son surplus de jeunesse désœuvrée, transformant ses citoyens en mercenaires malgré eux.
Le silence assourdissant du ministère des Affaires étrangères du Burundi face aux disparitions de ces "étudiants" renforce la thèse d'une complicité d'État. Pour le régime burundais, c'est une manière cynique de vider les quartiers de sa jeunesse contestataire tout en satisfaisant les exigences de l'allié russe en manque de bras pour sa guerre.
Le front : l'impasse finale
Sur le théâtre des opérations en Ukraine, ces recrues burundaises sont jetées dans la tourmente sans formation militaire adéquate. Utilisés comme "boucliers humains" ou envoyés pour localiser les positions d'artillerie ukrainiennes par leur propre sacrifice, ces jeunes paient le prix fort d'une géopolitique qui les dépasse.
Sans maîtrise de la langue et sans soutien consulaire, ils sont pris au piège. S'ils reculent, ils risquent l'exécution pour désertion par les unités russes ; s'ils avancent, ils font face à la puissance de feu ukrainienne.
Analyse de la situation : Le triangle de la trahison
| Acteur | Rôle dans le mécanismes | Motivation principale |
| Gouvernement Burundais | Recrutement sous faux prétextes | Allégeance politique et réduction du chômage |
| Gouvernement Russe | Enrôlement forcé/Pression | Besoin urgent de main-d'œuvre militaire non-russe |
| Les jeunes burundais | Victimes | Recherche d'un avenir et une éducation |

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