Burundi : Le silence brisé par une lettre ouverte sur le sort de 1 000 soldats en RDC

Un vent d'inquiétude souffle sur la capitale burundaise. Au lendemain du 5 janvier 2026, une lettre ouverte adressée au Président Évariste Ndayishimiye secoue l'opinion publique. En cause : la disparition présumée de plus de 1 000 soldats de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) dans la plaine de la Ruzizi, en République Démocratique du Congo.

Jan 6, 2026 - 23:05
Jan 6, 2026 - 23:08
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Burundi : Le silence brisé par une lettre ouverte sur le sort de 1 000 soldats en RDC

​C’est un cri du cœur, mais aussi un acte de défi politique. Un citoyen, s'exprimant sous le pseudonyme de Minister of Happiness, a interpellé directement le chef de l'État burundais via une lettre ouverte qui circule massivement sur les réseaux sociaux. Le document pointe du doigt un drame humain qui resterait, selon l'auteur, étouffé par les autorités militaires et civiles de Gitega.

https://x.com/i/status/2008139559951908920

Un "silence assourdissant"

​L'objet de la missive est sans équivoque : obtenir une "clarification urgente" sur le sort des contingents déployés au Sud-Kivu. Depuis le début du mois de décembre 2025, les rumeurs de pertes massives dans les rangs burundais lors des opérations en RDC se multiplient. Pourtant, du côté de Ntare House (la présidence), aucune communication officielle n'est venue confirmer ou infirmer ces rapports.

​« Le silence de l'État ne fait qu'alimenter la douleur des familles et les spéculations les plus sombres », écrit l'auteur, qualifiant l'attitude du gouvernement d'« insoutenable ».

Les trois questions qui fâchent

​Le rédacteur de la lettre interpelle Évariste Ndayishimiye en sa qualité de Commandant en chef des armées, lui posant trois questions cruciales qui résonnent aujourd'hui dans de nombreux foyers burundais :

​Où se trouvent ces soldats ? Sont-ils morts, capturés ou abandonnés ?

​Quel est le bilan réel ? L'auteur exige la vérité pour les veuves et les orphelins.

​Pourquoi ce déploiement massif ? La lettre interroge la pertinence de sacrifier la jeunesse burundaise dans ce qu'elle qualifie de « guerres étrangères par procuration ».

Un contexte régional explosif

​Cette interpellation survient dans un climat de tensions régionales accrues. L'engagement de la FDNB en RDC, bien que justifié officiellement par la lutte contre les groupes armés menaçant la sécurité du Burundi, est de plus en plus critiqué par une partie de la société civile qui dénonce un manque de transparence sur les coûts humains et financiers de ces opérations.

​Pour l'heure, le porte-parole de l'armée et la présidence n'ont pas encore réagi à cette lettre. Mais alors que la pression monte sur les réseaux sociaux et que l'angoisse gagne les camps militaires, le pouvoir burundais pourra-t-il maintenir sa stratégie du silence ?

​« La dignité de notre armée et la paix sociale de notre pays en dépendent », conclut la lettre. Un avertissement que le président Ndayishimiye pourrait avoir du mal à ignorer.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX