Burundi : Le silence brisé par une lettre ouverte sur le sort de 1 000 soldats en RDC
Un vent d'inquiétude souffle sur la capitale burundaise. Au lendemain du 5 janvier 2026, une lettre ouverte adressée au Président Évariste Ndayishimiye secoue l'opinion publique. En cause : la disparition présumée de plus de 1 000 soldats de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) dans la plaine de la Ruzizi, en République Démocratique du Congo.
C’est un cri du cœur, mais aussi un acte de défi politique. Un citoyen, s'exprimant sous le pseudonyme de Minister of Happiness, a interpellé directement le chef de l'État burundais via une lettre ouverte qui circule massivement sur les réseaux sociaux. Le document pointe du doigt un drame humain qui resterait, selon l'auteur, étouffé par les autorités militaires et civiles de Gitega.
https://x.com/i/status/2008139559951908920
Un "silence assourdissant"
L'objet de la missive est sans équivoque : obtenir une "clarification urgente" sur le sort des contingents déployés au Sud-Kivu. Depuis le début du mois de décembre 2025, les rumeurs de pertes massives dans les rangs burundais lors des opérations en RDC se multiplient. Pourtant, du côté de Ntare House (la présidence), aucune communication officielle n'est venue confirmer ou infirmer ces rapports.
« Le silence de l'État ne fait qu'alimenter la douleur des familles et les spéculations les plus sombres », écrit l'auteur, qualifiant l'attitude du gouvernement d'« insoutenable ».
Les trois questions qui fâchent
Le rédacteur de la lettre interpelle Évariste Ndayishimiye en sa qualité de Commandant en chef des armées, lui posant trois questions cruciales qui résonnent aujourd'hui dans de nombreux foyers burundais :
Où se trouvent ces soldats ? Sont-ils morts, capturés ou abandonnés ?
Quel est le bilan réel ? L'auteur exige la vérité pour les veuves et les orphelins.
Pourquoi ce déploiement massif ? La lettre interroge la pertinence de sacrifier la jeunesse burundaise dans ce qu'elle qualifie de « guerres étrangères par procuration ».
Un contexte régional explosif
Cette interpellation survient dans un climat de tensions régionales accrues. L'engagement de la FDNB en RDC, bien que justifié officiellement par la lutte contre les groupes armés menaçant la sécurité du Burundi, est de plus en plus critiqué par une partie de la société civile qui dénonce un manque de transparence sur les coûts humains et financiers de ces opérations.
Pour l'heure, le porte-parole de l'armée et la présidence n'ont pas encore réagi à cette lettre. Mais alors que la pression monte sur les réseaux sociaux et que l'angoisse gagne les camps militaires, le pouvoir burundais pourra-t-il maintenir sa stratégie du silence ?
« La dignité de notre armée et la paix sociale de notre pays en dépendent », conclut la lettre. Un avertissement que le président Ndayishimiye pourrait avoir du mal à ignorer.

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