Diplomatie de l’ombre : Des négociations secrètes entre Gitega et Kigali révélées sur le réseau X
Alors que les autorités burundaises démentent officiellement tout dialogue avec le Rwanda, des révélations fracassantes font état de rencontres sécuritaires souterraines. Entre pression américaine et enlisement militaire en RDC, le régime d’Évariste Ndayishimiye semble jouer une partition complexe dans le plus grand secret.
Le mur du silence érigé par Bujumbura vient de subir une brèche majeure. C’est lors d’une émission organisée par le FOCODE (Forum pour la Conscience du Développement) sur la plateforme X (ex-Twitter) que le journaliste d’investigation Esdras Ndikumana a jeté un pavé dans la mare. Invité aux côtés de Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE et figure de la société civile, le journaliste a livré des détails précis sur une rencontre diplomatique que beaucoup soupçonnaient, mais que personne n'avait encore documentée.
Le rendez-vous de Gasenyi
Selon les informations d'Esdras Ndikumana, une réunion sécuritaire de haut niveau s’est tenue le 28 décembre 2025 à Gasenyi, dans la province de Kirundo. Loin des circuits officiels, les services de renseignement burundais et rwandais auraient échangé sous la médiation directe d’un envoyé spécial des États-Unis.
Officiellement, la position de Bujumbura reste pourtant d’une fermeté absolue : aucun pourparler n’est reconnu. Pourtant, les faits rapportés lors de cet échange sur X suggèrent une réalité tout autre. Ce serait le président Évariste Ndayishimiye lui-même qui aurait sollicité cette discrétion, demandant à Kigali l’envoi d’émissaires pour tenter de désamorcer une crise régionale de plus en plus coûteuse.
L’arbitrage de Washington
Dans ce jeu de dupes, les États-Unis apparaissent comme le véritable chef d'orchestre. Alors que Bujumbura multiplie les appels vers Washington pour faire pression sur le Rwanda, l'administration américaine semble avoir conditionné son soutien à une reprise directe du dialogue. Cette médiation américaine à la frontière burundo-rwandaise marque un tournant, plaçant la Maison Blanche au centre de la désescalade dans la région des Grands Lacs.
Le drame silencieux d’Uvira
Cette diplomatie de couloir se déroule sur fond de tragédie militaire. En RDC, dans la région d'Uvira, la situation des troupes burundaises est alarmante. Les témoignages recueillis font état d'une pression psychologique extrême exercée sur les soldats :
« Ils ont l'ordre de combattre coûte que coûte. On leur martèle que la chute d'Uvira représenterait une menace existentielle pour le Burundi », expliquent des sources proches du dossier.
Mais le mystère le plus sombre reste celui de la disparition de plus de mille militaires. Si le mouvement M23 a publiquement déclaré ne pas avoir d'intérêt à détenir des soldats burundais, le mutisme des autorités burundaises sur le sort de ces hommes est total.
Un besoin de vérité
Pour Pacifique Nininahazwe et les observateurs présents lors de l'émission, l'heure est à la reddition de comptes. Cette gestion opaque de l'engagement militaire en RDC, couplée à des négociations secrètes démenties, soulève de graves interrogations sur la transparence de l’État et le respect des familles des disparus.
Alors que les révélations d'Esdras Ndikumana continuent de faire des vagues sur les réseaux sociaux, le gouvernement burundais se retrouve face à un dilemme : continuer de nier l'évidence ou assumer une diplomatie de l'ombre devenue nécessaire mais politiquement coûteuse

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