Burundi : Le militant Vianney Ndayisaba dit craindre pour sa vie après ses critiques envers le pouvoir
Le coordinateur de l’organisation Aluchoto, Vianney Ndayisaba, dénonce des tentatives d’enlèvement et des menaces de mort. Ces pressions font suite à son intervention remarquée lors d’une émission publique face au chef de l’État.
Le climat se tend pour les défenseurs des droits humains au Burundi. Vianney Ndayisaba, figure de proue de l’organisation Aluchoto, a officiellement alerté l’opinion nationale et internationale sur la dégradation brutale de sa sécurité personnelle. Le militant affirme être la cible d’une traque orchestrée par des individus agissant sous le couvert des forces de l’ordre.
Une prise de parole qui dérange
Tout bascule lors d’une récente émission publique, un exercice de redevabilité opposant le président de la République à la population et aux journalistes. Vianney Ndayisaba y prend la parole sans détour. Il y dénonce l’impunité de certains hauts dignitaires, affirmant que des décisions gouvernementales restent lettre morte à cause d’individus « puissants » s’estimant au-dessus des lois.
Cette audace semble avoir eu un prix immédiat. Peu après cette intervention, le militant rapporte avoir commencé à recevoir des messages de menaces anonymes sur son téléphone portable.
Tentatives d’enlèvement et intimidation
Le récit des événements récents qu'il livre est glaçant. Ndayisaba affirme avoir échappé de justesse à une tentative d’enlèvement par des hommes circulant à bord d’un véhicule non immatriculé.
L’escalade a atteint un sommet dimanche dernier. Selon son témoignage, un homme en civil, porteur d’une arme de poing et d’un émetteur-récepteur, a investi les lieux où il se trouvait pour l’identifier. Ce dernier était suivi de près par un véhicule de type pick-up transportant cinq hommes en tenue de police.
« Certains abusent de leur position pour faire taire les voix critiques », s’indigne le militant, qui voit dans ces méthodes un recul inquiétant des principes démocratiques dans le pays.
Un appel aux autorités
Face à ce qu’il qualifie de « menaces graves », Vianney Ndayisaba ne compte pas rester silencieux. Il affirme avoir déjà saisi les autorités compétentes pour signaler ces incidents. Il demande désormais une protection officielle et une réaction rapide des institutions pour garantir son intégrité physique.
Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur ces accusations. Cette affaire repose une nouvelle fois la question de la sécurité des acteurs de la société civile au Burundi lorsqu’ils s’attaquent aux cercles d’influence du pouvoir.

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