RED-TABARA : Le mouvement rebelle dément les propos de Kinshasa et rectifie le « récit historique »

Dans un communiqué publié ce 3 mars 2026, le mouvement rebelle burundais RED-Tabara a vivement réagi aux déclarations de Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC). Le groupe dénonce des erreurs factuelles majeures sur ses origines et ses alliances.

Mar 3, 2026 - 20:24
Mar 3, 2026 - 20:25
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RED-TABARA : Le mouvement rebelle dément les propos de Kinshasa et rectifie le « récit historique »

​Le ton est à l'indignation du côté de la résistance burundaise. Le mouvement RED-Tabara (Résistance pour un État de Droit) a rendu public un communiqué officiel pour répondre aux propos tenus par Patrick Muyaya lors d’une conférence à l’Université Saint-Paul d’Ottawa, le 25 février dernier.

Un anachronisme pointé du doigt

​Le cœur du litige repose sur une chronologie contestée par les rebelles. Selon le communiqué, le ministre congolais de la Communication aurait affirmé que le Rwanda avait « amené les RED-Tabara » dans les hauts plateaux de l'Est de la RDC dès 1996 pour déstabiliser le Burundi.

​La réplique du mouvement ne s'est pas fait attendre :

​« En 1996, le Mouvement RED-Tabara, fondé début 2011, n’existait pas. »

​Pour Patrick Nahimana, porte-parole militaire du groupe et signataire du document, cette confusion n'est pas fortuite. Il y voit une volonté délibérée de Kinshasa d'épouser le narratif du régime burundais actuel (CNDD-FDD), visant à présenter RED-Tabara comme une simple marionnette de Kigali.

Un rappel des origines du conflit

​Le communiqué opère un retournement de situation historique en rappelant qu'en 1996, c'est l'actuel parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, qui était lui-même un mouvement rebelle basé dans l'Est de la RDC pour combattre le pouvoir de l'époque à Bujumbura.

​RED-Tabara accuse le régime burundais de :

​Avoir trahi l’Accord d’Arusha de 2000.

​Dénier au peuple burundais le droit à des élections « libres, démocratiques et transparentes ».

​Instaurer un « pouvoir de terreur ».

Une mise en garde aux analystes

​Le mouvement avertit que véhiculer ces « erreurs d'analyse » aggrave la crise au lieu de la résoudre. Il compare les acteurs internationaux ou locaux qui répètent ce récit sans vérification à un « médecin qui tue involontairement son patient à cause d'une erreur de diagnostic ».

​Ce communiqué intervient dans un contexte de tensions régionales extrêmement volatiles, où les alliances entre groupes armés et États de la région des Grands Lacs font l'objet d'une guerre de communication intense.

Jovain Irabaruta Journaliste de la RADIO Peace FM depuis 2018