RECOURS AUX MERCENAIRES ET DÉBANDADE DANS LA KIBIRA : LES RÉVÉLATIONS CHOC DES IMBONERAKURE
Alors que le conflit à l'est de la République Démocratique du Congo (RDC) continue de s'envenimer, de nouveaux témoignages recueillis par la RPA (Radio Publique Africaine) lèvent le voile sur une réalité trouble : la présence d'instructeurs étrangers dans la forêt de la Kibira et le désarroi des miliciens burundais utilisés comme « chair à canon » .
Des instructeurs de l'ombre dans la Kibira
Selon des sources concordantes relayées par nos confrères de la RPA, des mouvements suspects ont été observés dans la forêt de la Kibira. Des témoins font état d'une formation militaire intensive dispensée à des groupes armés. Le profil des formateurs intrigue : des hommes blancs, dont l'origine reste à déterminer, officieraient aux côtés d'individus s'exprimant en swahili et en kinyarwanda.
Ce mélange linguistique et la présence de personnel étranger suggèrent une internationalisation croissante des dynamiques de formation paramilitaire dans la région, visant vraisemblablement à préparer les recrues pour les théâtres d'opérations congolais.
Le calvaire des déserteurs : « Nous ne sommes que des marionnettes »
Mais derrière l'entraînement, la réalité du front est brutale. Des membres des Imbonerakure (la ligue des jeunes du parti au pouvoir CNDD-FDD), de retour de RDC, brisent l'omertà. Pour ces jeunes, l'aventure a tourné au cauchemar.
« On s'est rendu compte qu'ils n'étaient que des marionnettes dans ce conflit », confie un déserteur vivant aujourd'hui dans la clandestinité.
Le récit de leur fuite est celui d'une déroute totale. Acculés par les combats, ces miliciens affirment avoir été abandonnés par les forces régulières burundaises et congolaises. Pour survivre, l'ordre était clair : abandonner les armes, changer de vêtements et se fondre parmi les civils congolais fuyant vers le Burundi.
Traqués par leur propre camp
Arrivés sur le mont Ndava, ces hommes ont été pris en charge dans des camps, mais la reconnaissance n'est pas au rendez-vous. Aujourd'hui, ceux qui ont choisi de ne plus retourner au front sont traqués. Ils dénoncent une stratégie où ils servent de « boucliers humains » avant d'être laissés à leur propre sort en cas de revers militaire.
Face à cette situation, une certitude demeure chez ces déserteurs : ils préfèrent l'ombre et la cachette à l'enfer des combats en RDC, refusant désormais de servir une cause qui, selon eux, les dépasse et les sacrifie.

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