Burundi : Le gouvernement sabre le budget 2024-2025 de 415 milliards BIF

Confronté à une conjoncture économique asphyxiante et à des recettes publiques en deçà des attentes, l’exécutif burundais a opéré un coup de rabot massif dans ses prévisions budgétaires. Le ministre du Trésor public a présenté, ce 13 mai 2026, un collectif budgétaire dicté par l'urgence et la priorité sectorielle.

May 13, 2026 - 22:29
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Burundi : Le gouvernement sabre le budget 2024-2025 de 415 milliards BIF

Une cure d'austérité forcée

​Le couperet est tombé. Initialement fixé à plus de 4 626 milliards BIF, le budget de l’État pour l’exercice 2024-2025 a été ramené à environ 4 211 milliards de francs burundais. Cette cure d'austérité, représentant une baisse de plus de 415 milliards, a été défendue devant l'Assemblée nationale par Alain Ndikumana, ministre chargé du Trésor public.

L’inflation et l’instabilité pointées du doigt

​Pour justifier ce recul, le ministre a invoqué un « effet de ciseaux » entre des ambitions nationales élevées et une réalité économique internationale impitoyable.

​« Cette réduction intervient dans un contexte de turbulences mondiales et régionales, marqué par une inflation persistante et une instabilité qui pèsent lourdement sur nos prévisions initiales », a souligné Alain Ndikumana devant les élus du peuple.

Arbitrages : Entre infrastructures et urgence sanitaire

​Malgré cette réduction globale, le gouvernement a procédé à des réallocations stratégiques. L'objectif : ne pas paralyser l'État tout en répondant aux nouvelles menaces. Les fonds restants ont été fléchés vers :

​La santé publique : Un renforcement des moyens pour la lutte contre l'épidémie de Mpox.

​La souveraineté : Le maintien des budgets liés à la sécurité et aux engagements diplomatiques régionaux.

​Le développement : La poursuite de certains chantiers d'infrastructures jugés vitaux.

Un appel à la cohérence macroéconomique

​Le ministre a enfin admis que l'État avait dû puiser dans ses réserves pour éponger les dépenses imprévues. Ce constat a servi de plaidoyer pour une réforme plus profonde. Selon Alain Ndikumana, la résilience du Burundi passera impérativement par une « coordination chirurgicale » entre trois piliers : la politique budgétaire, la pression fiscale et la stratégie monétaire.

​Reste à savoir si ces ajustements suffiront à stabiliser une économie burundaise en quête de souffle.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX