Entre honneurs et cris de justice : Le paradoxe du 8 Mars au Burundi

Alors que les tambours résonnaient à Gitega ce 9 mars 2026 pour célébrer la Journée internationale des droits des femmes, une distinction particulière a fait couler beaucoup d'encre : celle remise par le Chef de l’État, Evariste Ndayishimiye, à sa propre épouse, Angéline Ndayishimiye.

Mar 10, 2026 - 02:50
Mar 10, 2026 - 03:03
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Entre honneurs et cris de justice : Le paradoxe du 8 Mars au Burundi

Une reconnaissance officielle contestée

​Sélectionnée par le Forum des Femmes du Burundi, la Première Dame a été honorée pour son rôle dans le développement économique et social. Le gouvernement a notamment loué son programme de procréation assistée (FIV), censé « redonner espoir » aux femmes.

​Pourtant, loin des paillettes de la capitale politique, ce trophée passe pour une insulte pour celles que le régime a meurtries.

Le témoignage de l'exil : « Des trophées bâtis sur des tombes »

​Depuis son pays d’exil, une mère de famille, dont le mari a été froidement exécuté par les forces gouvernementales en 2020, brise le silence. Pour elle, le spectacle de Gitega est une mise en scène macabre.

​« Comment peut-on parler de donner la vie avec la fécondation in vitro, quand on a arraché celle de nos maris ? » s'indigne-t-elle sous couvert d'anonymat pour sa sécurité.

​Elle rappelle une réalité que les discours officiels tentent d'effacer :

​Les orphelins de l'ombre : Des milliers d'enfants grandissent sans père à cause de la répression de 2020.

​L'impunité : Plutôt que de recevoir des distinctions, elle demande que les hauts responsables, y compris la Première Dame par son influence, rendent des comptes.

​Le cri pour la justice : « Angeline ne mérite pas d'être honorée. Elle devrait être traduite en justice pour répondre de la douleur de ces orphelins dont son mari est responsable. »

Un tableau loin d'être unanime

​Si d'autres femmes de la société civile et de l'administration ont également été récompensées, le contraste entre ces distinctions et la souffrance des veuves en exil souligne une fracture profonde. Pour ces dernières, la véritable promotion des droits des femmes commencerait par la reconnaissance des crimes passés et une justice équitable, loin des trophées familiaux.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX