Burundi : Le MSD accuse le pouvoir de préparer un « conflit fratricide » par la spoliation foncière
Dans une déclaration choc publiée sur les réseaux sociaux, Epitace Nshimirimana, porte-parole du parti d’opposition Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD), a dressé une « liste noire » de personnalités qu’il accuse de mener le pays vers une nouvelle guerre civile. Au cœur de ces accusations : l'instrumentalisation de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR).
Le ton est grave et les mots sont pesants. Epitace Nshimirimana ne mâche plus ses mots envers le régime de Gitega. Selon le cadre de l’opposition en exil, une manœuvre de « spoliation illégale » de terres et de maisons appartenant à des citoyens burundais est actuellement en cours, orchestrée par les plus hautes sphères de l'État.
Une CVR sous influence ?
L’élément central de cette dénonciation est le rôle de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR). Initialement créée pour panser les plaies de l'histoire sanglante du Burundi, la Commission est ici décrite par le MSD comme un outil « aux ordres du CNDD-FDD » (le parti au pouvoir).
Selon Nshimirimana, les autorités utiliseraient le prétexte de la restitution des biens spoliés lors des crises passées pour, en réalité, exproprier arbitrairement d'autres citoyens, créant ainsi un climat de tension qui pourrait dégénérer en « guerre entre compatriotes ».
18 noms jetés en pâture
Pour appuyer ses dires, le porte-parole a publié une liste nominative de 18 responsables. En tête de liste figurent les piliers du régime actuel :
Évariste Ndayishimiye, Président de la République ;
Révérien Ndikuriyo, Secrétaire Général du CNDD-FDD ;
Gélase Daniel Ndabirabe, Président de l’Assemblée Nationale.
La liste s'étend également à des cadres de la CVR, comme Pierre Claver Ndayicariye, ainsi qu'à des personnalités de l'administration et de la justice. En désignant nommément ces individus, Epitace Nshimirimana appelle la population à « documenter les agissements » de chacun pour que, « le moment venu, la vérité soit établie ».
Un appel à la vigilance citoyenne
Le message adressé aux Burundais est un appel à la résistance documentaire. L'opposition semble vouloir préparer le terrain pour de futurs recours juridiques, qu'ils soient nationaux ou internationaux.
« Burundais, où que vous soyez, il est important de documenter les agissements et les responsabilités de ces individus... afin qu'ils répondent de leurs actes. » — Epitace Nshimirimana
À l'heure actuelle, le gouvernement burundais n'a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Toutefois, cette sortie médiatique intervient dans un contexte de crispation politique croissante, où la question foncière demeure l’un des déclencheurs les plus sensibles de violence communautaire au Burundi.

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