Burundi : Le MSD accuse le pouvoir de préparer un « conflit fratricide » par la spoliation foncière

Dans une déclaration choc publiée sur les réseaux sociaux, Epitace Nshimirimana, porte-parole du parti d’opposition Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD), a dressé une « liste noire » de personnalités qu’il accuse de mener le pays vers une nouvelle guerre civile. Au cœur de ces accusations : l'instrumentalisation de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR).

May 6, 2026 - 20:54
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Burundi : Le MSD accuse le pouvoir de préparer un « conflit fratricide » par la spoliation foncière

Le ton est grave et les mots sont pesants. Epitace Nshimirimana ne mâche plus ses mots envers le régime de Gitega. Selon le cadre de l’opposition en exil, une manœuvre de « spoliation illégale » de terres et de maisons appartenant à des citoyens burundais est actuellement en cours, orchestrée par les plus hautes sphères de l'État.

Une CVR sous influence ?

​L’élément central de cette dénonciation est le rôle de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR). Initialement créée pour panser les plaies de l'histoire sanglante du Burundi, la Commission est ici décrite par le MSD comme un outil « aux ordres du CNDD-FDD » (le parti au pouvoir).

​Selon Nshimirimana, les autorités utiliseraient le prétexte de la restitution des biens spoliés lors des crises passées pour, en réalité, exproprier arbitrairement d'autres citoyens, créant ainsi un climat de tension qui pourrait dégénérer en « guerre entre compatriotes ».

18 noms jetés en pâture

​Pour appuyer ses dires, le porte-parole a publié une liste nominative de 18 responsables. En tête de liste figurent les piliers du régime actuel :

Évariste Ndayishimiye, Président de la République ;

Révérien Ndikuriyo, Secrétaire Général du CNDD-FDD ;

Gélase Daniel Ndabirabe, Président de l’Assemblée Nationale.

​La liste s'étend également à des cadres de la CVR, comme Pierre Claver Ndayicariye, ainsi qu'à des personnalités de l'administration et de la justice. En désignant nommément ces individus, Epitace Nshimirimana appelle la population à « documenter les agissements » de chacun pour que, « le moment venu, la vérité soit établie ».

Un appel à la vigilance citoyenne

​Le message adressé aux Burundais est un appel à la résistance documentaire. L'opposition semble vouloir préparer le terrain pour de futurs recours juridiques, qu'ils soient nationaux ou internationaux.

​« Burundais, où que vous soyez, il est important de documenter les agissements et les responsabilités de ces individus... afin qu'ils répondent de leurs actes. » — Epitace Nshimirimana

​À l'heure actuelle, le gouvernement burundais n'a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Toutefois, cette sortie médiatique intervient dans un contexte de crispation politique croissante, où la question foncière demeure l’un des déclencheurs les plus sensibles de violence communautaire au Burundi.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX