Justice et Histoire : La plaidoirie du Général Cyrille Ndayirukiye
Un document récemment diffusé, intitulé « Plaidoirie du Général Cyrille Ndayirukiye (Extraits) », apporte un éclairage crucial sur les motivations profondes de l'officier burundais lors de la tentative de coup d'État de 2015. Entre devoir militaire et fidélité aux Accords d'Arusha, le texte révèle la vision d'un homme qui récuse l'étiquette de « putschiste » au profit de celle de « restaurateur de la démocratie ».
Le devoir de désobéissance
Au cœur de ce témoignage visuel contenu ,le Général Ndayirukiye affirme que ses actes ont été posés « en toute conscience ». Il y développe une thèse forte sur l'éthique militaire : selon lui, dès lors que l'autorité suprême ordonne la violation de la loi et du peuple, le soldat a le droit de refuser d'obéir dans l'intérêt supérieur de la nation.
Le réquisitoire contre le système Nkurunziza
Le document ne mâche pas ses mots à l'égard de l'ancien président Pierre Nkurunziza. L'officier l'accuse d'avoir « porté un coup de poignard aux Accords d'Arusha » en cédant au « fruit défendu » de la corruption et en cautionnant des assassinats politiques. Pour le Général, la rupture entre le pouvoir et le peuple était alors « consommée ».
Une intervention pour « restaurer la démocratie »
Le Général Ndayirukiye récuse fermement l'idée d'un putsch visant à s'emparer du pouvoir. Il décrit son action comme :
Une intervention destinée à neutraliser la capacité de violer la loi.
Une démarche pour restaurer la démocratie.
Le « jugement de l'Histoire » après une fin tragique
Malgré l'échec de sa démarche, le Général affirme assumer son choix de militaire. Condamné pour son rôle dans le putsch manqué, Cyrille Ndayirukiye est mort en détention, ne voyant jamais la liberté qu'il appelait de ses vœux. Face à ce qu'il qualifiait de « justice inéquitable de Gitega », il invoquait, dans ses derniers écrits, le « jugement de l'Histoire » comme ultime instance de validation de sa loyauté.
Le document se conclut sur un cri de ralliement pour un « Burundi libre », le respect des Accords d'Arusha et de l'État de droit, laissant derrière lui le testament politique d'un homme qui déclarait avoir « servi son peuple »

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