Irrégularités et intimidations : Ce que révèle le documentaire de l'ACAT-Burundi
Le récent documentaire publié par l’ACAT-Burundi, intitulé « Burundi 2025 – Élections législatives : entre promesses de stabilité et vertige du vide », dresse un portrait alarmant de la santé démocratique du pays. À travers des témoignages poignants et des analyses d'experts, l’organisation documente un processus électoral marqué par des irrégularités systémiques et l'émergence d'un pouvoir sans contre-poids.
Un processus électoral entaché d'irrégularités
Le documentaire dénonce une série de manœuvres visant à garantir la victoire du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, qui aurait obtenu plus de 96 % des voix dans certaines localités [01:10]. Parmi les faits les plus graves relevés par les observateurs, on note :
Le bourrage d'urnes : Des scrutins auraient commencé dès 4 heures du matin, bien avant l'ouverture officielle prévue à 6 heures [01:42].
L'exclusion des mandataires : Dans plusieurs centres, les représentants des candidats de l'opposition n'ont pas pu accéder au dépouillement, en violation flagrante de la loi [01:19].
L'insécurité des électeurs : Le climat d'intimidation a particulièrement touché les femmes. Dans certains bureaux, des équipes votaient même à leur place sous prétexte d'illettrisme, attribuant d'office leurs voix au parti majoritaire [03:48].
Un Parlement « monocolore » et le risque de l'arbitraire
L'une des conséquences majeures de ce scrutin est la disparition quasi totale de l'opposition au sein des institutions. Le documentaire décrit un Parlement monocolore où la diversité des points de vue est absente [07:12].
Des lois « liberticides » : Sans opposition pour jouer son rôle de contre-pouvoir, les intervenants craignent l'adoption rapide de textes renforçant l'impunité et criminalisant davantage toute forme de dissidence [09:32].
Une loyauté récompensée : Les nominations au sein du Sénat et de l'Assemblée semblent privilégier l'obéissance et les liens personnels (épouses de généraux, amis du pouvoir) plutôt que la compétence, affaiblissant ainsi la gestion des affaires publiques [05:53], [13:33].
Une gouvernance fragilisée et une instabilité latente
Le constat final est amer : un système qui ne tolère aucune critique et qui verrouille ses institutions devient incapable de se corriger ou d'innover pour le développement du pays [13:43]. Cette fermeture de l'espace civique et politique fait peser un risque réel d'instabilité à long terme, nourri par la frustration sociale et le sentiment d'exclusion d'une grande partie de la population [10:36].
Un appel à l'action
L’ACAT-Burundi conclut son documentaire par un appel à la vigilance. Elle exhorte :
Le peuple burundais à ne pas se décourager et à continuer de lutter pour ses droits fondamentaux [12:13].
Les partenaires internationaux à maintenir une approche ferme, centrée sur la protection des citoyens, et à soutenir les médias indépendants ainsi que la société civile qui documentent les abus [14:07].
Retrouvez l'intégralité du documentaire ici : https://youtu.be/vC1wzbn00_s?si=EKYWlorLNL4ipSf4

English
Kirundi
Français