Burundi : Le cri de dignité d’Epithace Nshimirimana, rescapé des geôles du régime
À l’occasion de la Journée internationale dédiée aux victimes, Epithace Nshimirimana, ancien détenu et survivant des tortures sous le régime du CNDD-FDD, brise le silence. Entre devoir de mémoire et appel à la justice, son témoignage lève le voile sur les cicatrices toujours ouvertes de la crise de 2015.
« Se souvenir, c’est résister. » Ces mots, prononcés avec une gravité sereine, sont ceux d’Epithace Nshimirimana. Pour cet homme dont le destin a basculé dans l'horreur des centres de détention burundais, prendre la parole n'est pas seulement un acte personnel, c'est une mission collective.
Depuis la crise politique de 2015, déclenchée par la quête d'un troisième mandat contesté de feu Pierre Nkurunziza, le Burundi est resté prisonnier d'un cycle de violences où l’appareil d'État, aux mains du CNDD-FDD, a souvent été pointé du doigt par les organisations internationales pour ses méthodes de répression brutales.
Porter la voix des « étouffés »
Pour Epithace, le statut de victime ne doit pas être synonyme de passivité. Dans une déclaration poignante, il explique porter en lui une « vérité et un appel à la dignité » pour tous ceux dont les voix ont été définitivement éteintes dans les geôles secrètes ou sur les chemins de l'exil.
« Être victime ne signifie pas être réduit au silence. Au contraire, c’est porter une mémoire », affirme-t-il, rappelant que derrière chaque chiffre des rapports de l'ONU se cachent des vies brisées et des familles dévastées par l'injustice.
L’exil, l’autre face du calvaire
Comme des centaines de milliers de ses compatriotes, Epithace a dû fuir sa terre natale. L'exil, s'il offre une sécurité physique relative, reste une épreuve de chaque instant, marquée par la précarité des camps de réfugiés et le traumatisme psychologique.
Dans son plaidoyer, il n’a pas manqué de saluer le travail vital des organisations de défense des droits de l’homme qui pallient l’absence d’État de droit pour les Burundais en détresse. Il cite notamment :
Maison Shalom, refuge historique pour les orphelins et les démunis.
SOS-Torture/Burundi, qui documente inlassablement les exactions.
La Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale (CB-CPI), fer de lance de la lutte contre l'impunité.
Un espoir envers et contre tout
Malgré les cicatrices de la torture et les morsures de l’exil, le message d'Epithace Nshimirimana reste résolument tourné vers l'avenir. En demandant que « la justice, la reconnaissance et la paix deviennent enfin une réalité », il interpelle la communauté internationale sur la situation au Burundi, souvent reléguée au second plan de l'actualité mondiale.
Pour Epithace, témoigner est le dernier rempart contre l'oubli. Un acte de foi en une justice qui, bien que lente, reste le seul chemin vers une véritable réconciliation nationale

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