Burundi : Invoquant l'insécurité et des vices de procédure, Nestor Girukwishaka boycotte la Cour constitutionnelle face à Agathon Rwasa
Nouveau rebondissement dans la crise qui déchire le Congrès national pour la liberté (CNL). Alors qu'Agathon Rwasa et ses alliés étaient présents à l'audience de la Cour constitutionnelle, la faction adverse, dirigée par Nestor Girukwishaka, a choisi de pratiquer la politique de la chaise vide. Ce dernier justifie ce boycott par le silence de la Cour face à ses recours préalables, mais surtout par des craintes directes pour sa propre sécurité en cas de comparution.
Pour Nestor Girukwishaka et ses partisans, les conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies. Ils contestent vivement la manière dont l'affaire est instruite et s'interrogent sur la cohérence de la plainte du camp de Rwasa :
« Jusqu'à présent, notre camp ne comprend pas pourquoi seulement 10 personnes sont visées par cette action en justice, alors que le congrès national en question a réuni plus de 1 400 participants. »
De plus, l'aile Girukwishaka s'indigne des accusations du camp adverse concernant l'illégitimité de leur direction et l'usage des symboles du parti. Ils estiment que la Cour aurait dû d'abord trancher ces questions de légitimité et d'utilisation du cachet officiel avant d'entrer dans le vif du sujet.
Menaces sur l'intégrité physique et mauvaise cible institutionnelle
Au-delà des aspects purement juridiques, la question sécuritaire pèse lourdement sur la décision de l'aile dissidente. Nestor Girukwishaka a explicitement exprimé sa crainte pour sa propre intégrité physique, affirmant que le fait de se présenter en personne devant le tribunal crée un climat d'instabilité majeure où la sécurité de ceux qui comparaissent est gravement compromise.
Sur le fond du litige, le dirigeant soutient également que la cible de la plainte d'Agathon Rwasa est erronée. Étant donné que les résultats et les résolutions du congrès contesté ont été officiellement validés et actés par le ministère de l'Intérieur, il affirme que c'est cette institution étatique qui aurait dû être poursuivie, et non les dix membres de sa faction.
Un boycott planifié faute de réponse
L'absence de l'aile Girukwishaka à l'audience n'est pas une surprise de dernière minute. Ses représentants affirment avoir adressé une correspondance écrite à la Cour constitutionnelle pour exiger des éclaircissements sur toutes ces zones d'ombre avant la tenue du procès.
Constatant qu'aucune réponse ne leur avait été retournée à l'échéance fixée, ils ont décidé de ne pas se présenter. « Nous n'avons pas comparu parce que la cour n'a pas répondu à nos inquiétudes », a martelé Nestor Girukwishaka, laissant la Cour constitutionnelle face aux seuls représentants du camp de Rwasa

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