Affaire Bugaga : « Un meurtre pour terroriser les cadres du CNDD-FDD », dénonce le FOCODE
Alors que le sommet de l’État a rendu un hommage vibrant au ministre de la Communication, Gabby Bugaga, le 28 avril 2026, la thèse d'un assassinat politique interne gagne du terrain au sein de la société civile en exil. Entre recueillement officiel et accusations de purge, le climat politique burundais se crispe.
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Un hommage d'État sous haute surveillance
La Cathédrale Regina Mundi de Bujumbura a fait le plein mardi dernier. Le Chef de l’État, Évariste Ndayishimiye, entouré du gratin du CNDD-FDD, a salué la mémoire d'un homme présenté comme un pilier du gouvernement. En présence du Vicaire général Anatole Ruberinyange, le président a souligné « le rôle crucial » de Bugaga dans la vie nationale. Un hommage de « haut niveau » qui, pour beaucoup, ressemble à une opération de communication visant à afficher une unité de façade au sein du pouvoir.
L'hypothèse du « message de sang »
Pourtant, derrière les chants religieux, une autre lecture de l'événement circule. Gabby Bugaga n'était pas seulement un ministre ; il était considéré comme le bras droit du président du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Sa disparition brutale soulève des questions que le protocole officiel ne peut étouffer.
Lors d'un "Space" organisé récemment sur la plateforme X par l'organisation FOCODE, le militant des droits de l'homme Pacifique Nininahazwe a brisé l'omerta. Pour lui, ce n'est pas un simple drame, mais un assassinat ciblé. Selon cette thèse, l'élimination de Bugaga servirait d'avertissement sanglant envoyé aux autres cadres du régime :
« On l'a tué pour montrer aux autres personnalités qu'il est possible de les éliminer aussi », a laissé entendre le leader du FOCODE.
Un gouvernement qui « fait semblant » ?
Pour une partie de l'opinion et de l'opposition, l'attitude du gouvernement est perçue comme une mise en scène. En multipliant les signes de reconnaissance envers la famille du défunt, le pouvoir chercherait à masquer des tensions internes dévastatrices au sein du système CNDD-FDD.
Si la version officielle s'en tient à la perte d'un « illustre disparu », la peur, elle, s'installe chez les hauts cadres de l'État. Si le bras droit du parti peut être frappé, qui sera le suivant ? L'assassinat de Gabby Bugaga pourrait bien marquer un tournant dans la gestion de la loyauté au sein du pouvoir burundais.
De notre correspondant local

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