Burundi : Chasse à l’homme sur les routes nationales pour intercepter les militaires déserteurs
Depuis l'aube ce mercredi, un dispositif sécuritaire exceptionnel paralyse les principaux axes routiers du Burundi. Les forces de l'ordre procèdent à une fouille systématique de tous les véhicules, ciblant particulièrement les bus de transport en commun. Cette opération d’envergure vise à stopper l’hémorragie de désertions qui frappe l’armée burundaise (FDNB) après l’ordre de déploiement forcé vers la République Démocratique du Congo (RDC).
Un refus d’obtempérer qui fragilise l’état-major
Le climat de tension a grimpé d'un cran suite à une directive du président Évariste Ndayishimiye. Ce dernier aurait ordonné à l'État-major général d'envoyer plusieurs bataillons en renfort dans l'est de la RDC, notamment dans la zone frontalière de Gatumba, face à l'avancée des rebelles du M23 qui ont récemment pris le contrôle de localités stratégiques près d'Uvira.
Cependant, cet ordre semble s'être heurté à une résistance sans précédent au sein des rangs. Refusant d'être renvoyés au front, de nombreux soldats ont choisi la clandestinité ou l'exil, quittant leurs postes pour tenter de traverser les frontières vers les pays voisins.
Des disparitions mystérieuses en route vers le front
L’inquiétude ne grandit pas seulement chez les autorités, mais aussi au sein des unités encore en mouvement. Les témoignages qui filtrent dépeignent une armée en proie au doute et à la désorganisation.
« Nous étions en route vers la RDC en passant par Cibitoke. Au départ, nous formions un peloton complet, mais à l'arrivée, nous ne nous sommes retrouvés qu'à une dizaine. On ne sait pas où les autres sont partis », confie sous anonymat un militaire encore en service.
Ces disparitions en cours de route confirment une tendance lourde : les soldats préfèrent risquer la désertion plutôt que de retourner dans un conflit où leurs camarades ont déjà payé un lourd tribut. Les pertes humaines subies lors des précédents affrontements avec le M23 ont profondément marqué le moral des troupes.
Un pays sous haute surveillance
Sur le terrain, la traque est rigoureuse. Des check-points ont été érigés sur toutes les routes nationales. Les bus de transport sont vidés de leurs passagers, les identités vérifiées et les bagages fouillés. Les voitures privées n'échappent pas non plus à ce contrôle strict. L'objectif est clair : identifier tout militaire en tenue civile ou toute personne tentant de fuir les zones de regroupement.
Alors que le gouvernement burundais tente de maintenir sa stratégie de soutien sécuritaire en RDC, cette vague de désertions et la réaction musclée des autorités témoignent d'une crise de confiance profonde entre la présidence et une partie de sa base militaire.

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