Tanzanie : Le HCR sous le feu des critiques après la démolition d’abris de réfugiés burundais

Alors que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) exprime sa « profonde inquiétude » face aux démolitions de foyers dans les camps, des voix s'élèvent pour dénoncer une complicité passive, voire active, de l'agence onusienne dans l'intimidation des exilés.

Jan 12, 2026 - 20:54
Jan 12, 2026 - 21:02
 0  766
Tanzanie : Le HCR sous le feu des critiques après la démolition d’abris de réfugiés burundais

La situation humanitaire dans les camps de réfugiés en Tanzanie franchit un nouveau seuil critique. Le HCR a récemment brisé le silence pour s'alarmer des démolitions d'abris appartenant à des réfugiés burundais. Si l'agence a salué la décision du gouvernement tanzanien de suspendre ces opérations, elle a rappelé un principe fondamental : tout retour au pays doit être volontaire, sûr et digne.

Des accusations de complicité accablantes

​Cependant, ce message de fermeté apparente ne convainc pas tout le monde. Léopold Sharangabo, président de l'organisation CDH/VICAR, a vivement réagi, qualifiant l'intervention du HCR de « tardive ». Selon lui, le rôle de l'agence sur le terrain serait bien plus ambigu qu'il n'y paraît.

​Dans une déclaration publique, M. Sharangabo accuse certains agents du HCR d'avoir assisté, aux côtés des autorités tanzaniennes, à des réunions visant à intimider les réfugiés. Des témoignages font état de propos alarmants tenus en avril 2024 au camp de Nyarugusu, où un agent de l'ONU aurait déclaré aux réfugiés :

​« Bientôt, nous allons commencer la période d'entretiens avec vous, mais personne ne passera. »

L’éducation comme outil de pression ?

​L'organisation CDH/VICAR va plus loin en pointant du doigt la gestion des services de base. La fermeture de certaines écoles dans les camps, perçue comme un levier pour forcer le rapatriement, aurait été ordonnée par des responsables du HCR chargés de l'éducation.

​Plus surprenant encore, le défenseur des droits humains dénonce une volonté de museler la contestation : le compte officiel du HCR en Tanzanie aurait bloqué l'organisation CDH/VICAR sur les réseaux sociaux, entravant ainsi le plaidoyer pour les réfugiés.

Une mobilisation citoyenne qui prend de l'ampleur

​Face à ce qu'elle qualifie de « rapatriement forcé déguisé », l'organisation CDH/VICAR a lancé une campagne de sensibilisation internationale. Une pétition dénonçant les conditions de vie et les pressions exercées sur les Burundais en Tanzanie a déjà recueilli près de 1 000 signatures.

​Pour les observateurs, cette crise souligne l'impasse dans laquelle se trouvent des milliers de réfugiés, pris entre une administration tanzanienne désireuse de fermer les camps et une agence onusienne accusée par certains de ne plus remplir son rôle de bouclier.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX