Burundi : Inquiétudes autour d’une formation paramilitaire à Ruyigi
Dans une alerte conjointe publiée le 20 mars 2026, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom dénoncent la tenue d’entraînements militaires clandestins au centre semencier de Kigarika. Ces activités, impliquant des civils et des combattants étrangers, font craindre une déstabilisation de la région.
Le programme de surveillance « UMUSEKE », mené par la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom, vient de lever le voile sur une situation sécuritaire jugée « préoccupante » dans la province de Buhumuza. Selon le document intitulé Alerte n°4, un centre de formation paramilitaire a été établi depuis le début du mois de mars 2026 au centre semencier de Kigarika, situé à seulement 3 km du chef-lieu de la commune Ruyigi.
Un profil de recrues hétéroclite
Sur ce site de 7 hectares bordant la route nationale 13, les observateurs rapportent la présence d'un bataillon d'environ 211 recrues, dont 9 femmes. Le profil des participants soulève de nombreuses questions : on y dénombrerait des jeunes Imbonerakure sélectionnés pour leur « virulence », des ex-combattants démobilisés, mais aussi des individus parlant le kinyarwanda, le kiswahili ou le lingala.
Ces organisations représentées par Vianney Nizigiyimana pour King Umurundi Freedom et Anshaire Nikoyagize pour Ligue Iteka, s'interrogent notamment sur la présence possible de membres des groupes armés Wazarendo, FDLR et FARDC parmi les recrues. L'encadrement est assuré par 80 instructeurs, tous issus de l’ancien mouvement CNDD-FDD et sélectionnés dans divers camps militaires du pays.
Manipulation d’explosifs et logistique militaire
L'entraînement ne semble pas se limiter à de simples exercices physiques. Selon des sources locales, les recrues apprennent :
Le démontage et le remontage rapides de fusils.
L'usage d'engins explosifs.
La logistique de ce centre est étroitement liée à l'appareil d'État : le ravitaillement est assuré par des camions militaires. Ces mêmes véhicules auraient préalablement vidé les hangars du centre semencier de leurs stocks de vivres pour faire de la place aux stagiaires. Le programme de formation, initialement prévu pour trois bataillons, devrait s'étaler sur une période totale de neuf mois.
Un appel à la transparence
Face à ce qu’elles considèrent comme une menace pour le développement et la paix, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom interpellent directement le gouvernement burundais. Elles exigent que le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité Publique « brise son silence » et explique la présence de ressortissants étrangers dans ces centres, dans un contexte de tensions diplomatiques régionales.
Les partenaires internationaux, dont l'ONU et l'Union Européenne, sont également appelés à suivre de près ces activités qui risquent « d'alimenter l'insécurité » dans une zone déjà fragile.

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