Burundi : La journaliste Sandra Muhoza en liberté provisoire après plus de dix mois de détention
Une lueur d’espoir pour la liberté de la presse au Burundi. Ce 27 février 2026, la journaliste Sandra Muhoza a bénéficié d’une ordonnance de mise en liberté provisoire émise par le Parquet Général près la Cour d’Appel de Ngozi. Si cette décision est saluée par les organisations de défense des droits humains, l'appel à l'abandon total des charges reste au cœur des préoccupations.
Une libération sous conditions
Après une longue période d'incarcération, Sandra Muhoza quitte sa cellule, mais reste sous contrôle judiciaire. L'ordonnance signée par le Procureur Général Prudence Nsaguye assortit sa liberté de plusieurs conditions strictes :
L’interdiction d’entraver l’instruction en cours.
L'obligation de ne pas quitter sa province de résidence sans autorisation préalable.
Une présentation mensuelle devant le magistrat instructeur.
L'obligation de répondre à toute convocation de la justice.
Le soulagement teinté d’amertume de la société civile
La Coalition Burundaise des Défenseurs des Droits de l’Homme (CBDDH) a immédiatement réagi en saluant cette étape qu'elle qualifie d'« importante vers le respect des droits fondamentaux ». Toutefois, l’organisation ne mâche pas ses mots : cette détention est jugée arbitraire et injustifiée.
« Nul ne devrait être privé de sa liberté pour avoir exercé son droit fondamental à la liberté d’expression », rappelle la CBDDH dans son communiqué.
Pour les défenseurs des droits humains, Sandra Muhoza n’aurait jamais dû passer une seule nuit en prison. Ils rappellent que les accusations portées contre elle — notamment « atteinte à la sécurité intérieure de l'État » et « aversion raciale » — pèsent lourdement sur le climat de travail des professionnels des médias dans le pays.
Un appel à l’abandon définitif des poursuites
Si la sortie de prison est une victoire d'étape, le combat judiciaire continue. La CBDDH et les soutiens de la journaliste exhortent les autorités burundaises à :
Abandonner purement et simplement toutes les poursuites engagées contre Sandra Muhoza.
Mettre fin au harcèlement judiciaire et aux arrestations visant les journalistes et les défenseurs des droits humains.
Garantir un véritable État de droit où la liberté d'informer n'est pas synonyme de danger.
La libération de Sandra Muhoza rappelle la fragilité de la liberté de la presse au Burundi. Si la solidarité a payé aujourd'hui, la vigilance reste de mise : tant que les charges ne sont pas levées, l'épée de Damoclès continue de planer sur la journaliste.

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