Burundi : la perspective d’un nouveau mandat pour Ndayishimiye divise et ravive les critiques

À mesure que se profile la question d’un éventuel second mandat du président Évariste Ndayishimiye, le débat s’intensifie au Burundi. Si ses partisans défendent la continuité de son action à la tête de l’État, plusieurs voix critiques dénoncent une gouvernance jugée centralisée et peu inclusive, alimentant un malaise croissant au sein d’une partie de la population.

Apr 26, 2026 - 14:32
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Burundi : la perspective d’un nouveau mandat pour Ndayishimiye divise et ravive les critiques

Selon certains observateurs, les récentes réformes institutionnelles auraient été élaborées sans consultation suffisante des figures historiques du pouvoir, notamment les anciens « Intagoheka », longtemps considérés comme des piliers du système. Cette mise à l’écart rappelle, pour plusieurs analystes, les méthodes utilisées par Pierre Nkurunziza lors de la formation de ses gouvernements après les élections, marquées par une approche jugée verticale et concentrée.

Dans ce contexte, la volonté prêtée à Ndayishimiye de briguer un second mandat suscite des interrogations. Des critiques affirment que le recours au Conseil des sages — une instance perçue comme peu influente — ne permettrait pas de garantir un véritable équilibre des pouvoirs ni un débat interne solide. « Les décisions semblent prises dans un cercle restreint », confie une source proche du pouvoir, sous couvert d’anonymat.

Au-delà des cercles politiques, c’est au sein de la population que les frustrations s’expriment avec le plus de vigueur. Certains citoyens remettent en cause le bilan du premier mandat, estimant que les avancées économiques et sociales restent limitées. La comparaison avec d’autres pays de la région, notamment le Burkina Faso dirigé par Ibrahim Traoré, revient fréquemment dans les discussions, illustrant une quête de résultats concrets et rapides.

Ces critiques s’accompagnent parfois de discours plus radicaux, témoignant d’un climat de désillusion politique. Certains vont jusqu’à évoquer les récents changements de pouvoir observés au Mali et au Niger, bien que ces comparaisons restent controversées et largement rejetées par d’autres acteurs politiques qui appellent au respect de l’ordre constitutionnel.

Du côté du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, les responsables défendent le bilan du président, mettant en avant des efforts en matière de stabilité, de diplomatie régionale et de développement d’infrastructures. Ils appellent à éviter « les jugements hâtifs » et insistent sur la nécessité de poursuivre les réformes engagées.

Alors que le Burundi s’approche d’échéances politiques cruciales, la question du leadership et de la gouvernance reste au cœur des préoccupations. Entre attentes de changement, critiques du système et défense de la continuité, le débat autour d’un second mandat de Ndayishimiye s’annonce comme un test majeur pour l’avenir politique du pays.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX