Burundi : SOS-Torture exige « Vérité et Justice » pour les victimes, onze ans après le début de la crise

À l’occasion de la Journée internationale pour le droit à la vérité, l’organisation SOS-Torture/Burundi a publié une déclaration poignante. Elle y dénonce l’impunité persistante et rappelle que les stigmates de la crise politique de 2015 continuent de fracturer la société burundaise.

Mar 24, 2026 - 13:49
Mar 24, 2026 - 14:49
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Burundi : SOS-Torture exige « Vérité et Justice » pour les victimes, onze ans après le début de la crise

Le 24 mars marque une date symbolique pour les défenseurs des droits humains à travers le monde. Au Burundi, cette journée revêt une résonance particulière. Dans sa dernière déclaration, l’organisation SOS-Torture/Burundi rend hommage aux victimes de violations graves et interpelle directement l'État burundais ainsi que la communauté internationale sur l'urgence d'un processus de vérité sincère.

​L’ombre persistante de 2015

​Le document souligne un point de rupture majeur : la crise politique de 2015. Depuis cette période, marquée par des contestations massives contre le troisième mandat de l’ancien président Pierre Nkurunziza, le pays est plongé dans un cycle de violations documentées mais rarement sanctionnées.

​SOS-Torture/Burundi rappelle que derrière chaque chiffre, se cachent des vies brisées par des « exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des actes de torture et des violences sexuelles ». Pour l'organisation, l’absence de vérité sur le sort des disparus et sur l'identité des responsables ne fait que prolonger la souffrance des familles et entrave tout processus de reconstruction nationale.

Un système marqué par l’impunité

​Malgré ce que SOS-Torture qualifie de « certaines avancées institutionnelles », le constat reste amer. L’organisation dénonce une restriction continue de l’espace civique et des obstacles structurels qui empêchent les victimes d’accéder à une justice indépendante.

​Le communiqué insiste sur quatre principes fondamentaux issus des standards internationaux :

​L’inaliénabilité du droit à la vérité.

​Le droit des proches à connaître les circonstances exactes des crimes et l’identité des auteurs.

​La lutte contre l’impunité comme rempart contre la répétition des cycles de violence.

​La dignité des victimes au cœur des processus de réconciliation.

​Un appel à l'action nationale et internationale

​Face à ce qu’elle décrit comme une « justice nationale inefficace », SOS-Torture/Burundi ne mâche pas ses mots. Elle appelle les autorités burundaises à mener des enquêtes véritablement indépendantes et transparentes.

​L’organisation se tourne également vers la scène internationale, exhortant les Nations Unies et la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples à renforcer leur engagement. Elle demande notamment d’assurer un accès effectif à la justice et des réparations adéquates pour les victimes, y compris celles vivant en exil depuis 2015.

​« La dignité des victimes ne doit jamais être oubliée », conclut le communiqué. Onze ans après le début de la crise de 2015, le message de SOS-Torture est clair : sans vérité sur le passé, le futur de la paix au Burundi restera fragile.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX