Burundi : plus de mille militaires portés disparus, une zone d’ombre persistante autour de l’engagement au Congo
Une grave zone d’ombre entoure le sort de plus de mille militaires burundais dont l’armée ne saurait aujourd’hui dire où ils se trouvent. L’alerte a été lancée par Pacifique Nininahazwe, président du Forum pour la conscience et le développement (FOCODE), lors d’une émission diffusée le 4 janvier 2026 sur le réseau social X.
Selon Pacifique Nininahazwe, ces informations proviennent de sources crédibles et dignes de foi au sein même de l’armée burundaise. À ce jour, affirme-t-il, aucune autorité militaire n’est en mesure de localiser ces soldats, ni d’expliquer les circonstances exactes de leur disparition.
Interrogé par le modérateur de l’émission, le journaliste Gilbert Niyonkuru, sur l’hypothèse avancée récemment par Révérien Ndikuriyo, président du CNDD-FDD, selon laquelle certains militaires burundais se trouveraient en République démocratique du Congo, Pacifique Nininahazwe a été catégorique :
« Parmi ces plus de mille soldats, pas un seul n’a été localisé jusqu’à présent. »
Morts, défections ou captures : toutes les hypothèses ouvertes
Le flou demeure total quant au sort de ces militaires. Aucune confirmation officielle n’indique s’ils ont été tués, s’ils ont déserté, s’ils se seraient réfugiés dans les forêts congolaises, ou s’ils auraient été capturés par le mouvement rebelle M23.
« Personne ne sait où ils sont », insiste Nininahazwe, soulignant la gravité de la situation et l’inquiétude des familles.
Évasion de haut rang lors des récentes attaques au Congo
Plusieurs officiers de haut rang ont échappé à la mort pendant les offensives, notamment lors de l'assaut contre le Poste de Commandement (PC). Parmi eux figurent le colonel Nihorimbere, le colonel Mingi ainsi que le général Muzinga Elie Ndizigiye. Ces derniers auraient été interpellés au sein d'installations militaires, plus précisément au PC de l’État-major en République démocratique du Congo.
Pacifique Nininahazwe estime que le retrait des troupes burundaises du Congo aurait été effectué de manière brutale, parlant d’un « abandon » des soldats, alors même que le président Évariste Ndayishimiye espérait un succès militaire sur le terrain.
Désaccords au sommet de l’État
Des divergences profondes seraient également apparues entre le président Ndayishimiye et son chef d'etat major . Tandis que ce dernier plaidait pour un retrait des troupes, le chef de l’État aurait insisté pour leur maintien au Congo, une contradiction qui, selon plusieurs observateurs, n’a jamais été officiellement clarifiée.

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