Crise au sein de la Diaspora Burundaise : Gabriel Rufyiri claque la porte du Comité des Sages

Rien ne va plus entre les instances dirigeantes de la Diaspora Burundaise. Dans une correspondance cinglante adressée aux membres de son comité, Gabriel Rufyiri a officiellement annoncé sa démission du poste de Président du Comité des Sages. Entre accusations de mauvaise gestion financière, opacité et mépris des textes statutaires, le célèbre activiste dénonce une dérive inquiétante de l’organisation.

Apr 11, 2026 - 20:40
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Crise au sein de la Diaspora Burundaise : Gabriel Rufyiri claque la porte du Comité des Sages
Président de l'OLUCOME ,Mr Gabriel Rufyiri

Un climat de méfiance généralisée

​Dans sa lettre de démission, Gabriel Rufyiri ne mâche pas ses mots. Il évoque des raisons de « morale et d'éthique personnelle » face à ce qu'il décrit comme un non-respect flagrant des statuts et règlements régissant l'organisation. Selon lui, le Comité Exécutif aurait ignoré systématiquement les conseils et les interpellations du Comité des Sages, préférant le silence ou des manœuvres dilatoires pour échapper à ses responsabilités.

Onze points de discorde majeurs

​Pour justifier son départ, Rufyiri dresse une liste de 11 griefs qui accablent la gestion actuelle de la diaspora :

​Absence de leadership : Un président du Comité Exécutif jugé « presque inexistant » et injoignable.

​Opacité financière : Des zones d'ombre persistantes sur des détournements présumés de l'ancienne équipe et la gestion des fonds liés aux cartes de membres.

​Promesses non tenues : L'échec du projet d'achat d'une IRM promis en juillet 2024 et l'arrêt des travaux du « IHURIRO Center ».

​Abus de pouvoir : Des sanctions prises à l'encontre de membres sans respecter les procédures disciplinaires prévues par les articles 78, 79 et 80 du règlement intérieur.

La dérive vers des « projets irréalisables »

​L'activiste regrette que la mission originelle de la diaspora — favoriser la cohésion et le développement du pays conformément à la « Vision 2040-2060 » du Burundi — ait été sacrifiée. Il dénonce une transformation de l’organisation en « business sectaire » porté par des projets lancés sans aucune étude de faisabilité préalable.

​« Je ne suis plus à mesure de poursuivre mon rôle [...] l'acharnement à l'exclusion de certains membres et les orientations actuelles semblent s'éloigner des principes fondamentaux de notre organisation », écrit-il.

​Quel avenir pour la Diaspora Burundaise ?

​Cette démission de Gabriel Rufyiri, figure de proue de la société civile burundaise, sonne comme un coup de tonnerre. Elle laisse l'organisation face à ses démons internes : une méfiance croissante des membres, des plaintes restées sans réponse depuis deux ans et un dialogue rompu avec les autorités consulaires et le ministère des Affaires Étrangères.

​Si Gabriel Rufyiri affirme rester disponible à titre strictement personnel pour conseiller la communauté, son départ marque une rupture qui pourrait bien fragiliser durablement les instances représentatives de la diaspora burundaise à travers le monde.

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Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX