​Crise burundaise : Sinduhije appelle à négocier avec le RED-Tabara pour éviter l'embrasement

​Depuis son exil, le président du Mouvement pour la Solidarité et le Développement (MSD), Alexis Sinduhije, livre une analyse cinglante de la situation sécuritaire et politique au Burundi. Entre appels à la négociation avec la rébellion du RED-Tabara et critiques sur la longévité du régime, l'opposant appelle à une prise de conscience internationale.

Dec 22, 2025 - 15:28
Dec 22, 2025 - 15:32
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​Crise burundaise : Sinduhije appelle à négocier avec le RED-Tabara pour éviter l'embrasement

​Le ton est donné. Pour Alexis Sinduhije, la stabilité du Burundi ne tient qu’à un fil, et ce fil s’appelle le dialogue. Selon le leader du MSD, la paix durable restera une illusion tant que les autorités de Gitega refuseront de s'asseoir à la table des négociations avec le groupe rebelle RED-Tabara. « Sans négociation, il n'y aura jamais de paix », prévient-il, plaçant le gouvernement face à ses responsabilités militaires et sociales.

L'illusion de la toute-puissance

​L’opposant s’attaque également à ce qu’il qualifie de « complexe de supériorité » du parti au pouvoir. Il invite le président Évariste Ndayishimiye à faire preuve d’humilité en tirant des leçons de l'histoire nationale. Pour Sinduhije, le CNDD-FDD commet l'erreur de se croire invincible.

​« Personne ne pensait que l'UPRONA céderait un jour le pouvoir, et pourtant c'est arrivé », rappelle-t-il, soulignant que la force actuelle du régime est relative.

​Il va plus loin en contestant la légitimité militaire historique du parti au pouvoir, affirmant que le CNDD-FDD n'a pas gagné ses combats par les armes, mais que son ascension a été facilitée par la volonté diplomatique de la région des Grands Lacs à l’époque des accords de paix.

Un appel pour l'avenir : « Plus jamais l'exil »

​Se projetant déjà dans l'après-CNDD-FDD, Alexis Sinduhije dessine les contours d'une transition nécessaire. Sa priorité : rompre le cycle éternel de l'exil des Burundais. Il demande au futur gouvernement qui succédera au régime actuel de mettre en œuvre toutes les garanties nécessaires pour que plus aucun citoyen ne soit contraint de fuir son pays pour des raisons politiques ou sécuritaires.

Le « Processus de Washington et du Qatar » dans le viseur

​Enfin, le président du MSD interpelle la communauté internationale. Alors que les regards sont braqués sur la République Démocratique du Congo (RDC) à travers divers processus de médiation (notamment à Washington et au Qatar), Sinduhije estime que le Burundi est le grand oublié de l'équation.

​Selon lui, se focaliser uniquement sur la crise congolaise est une erreur stratégique majeure. Il appelle à intégrer la crise burundaise dans ces processus de paix pour éviter une contagion généralisée. « Il faut se focaliser sur le Burundi afin de déraciner cette crise qui risque de s'éparpiller dans toute la sous-région », martèle-t-il.

​Un message clair qui sonne comme un avertissement : la crise des Grands Lacs est un bloc indivisible, et le Burundi en reste l'une des pièces maîtresses les plus instables.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX