Burundi-Tanzanie : Plus de 2 000 réfugiés rapatriés sous fond de pressions dénoncées
Un nouveau convoi de rapatriés burundais a franchi la frontière ce jeudi 22 janvier 2026. Si les autorités de Gitega affichent leur optimisme quant à la réintégration de ces citoyens, les témoignages en provenance des camps tanzaniens brossent un tableau beaucoup plus sombre d'un retour qui semble tout sauf volontaire.
Un accueil officiel sous le signe de la logistique
Le centre de transit de Gitara, situé dans la province de Makamba (commune Nyanza-Lac), a vu défiler plus de 2 000 personnes en une seule journée. Ce mouvement massif n'est que le début d'une accélération voulue par le gouvernement.
Nestor Bimenyimana, Directeur général chargé du rapatriement, a affirmé que l'objectif est désormais de maintenir une cadence de 3 000 rapatriements hebdomadaires. Selon lui, l’État dispose des ressources nécessaires pour assurer un accompagnement digne et une réinsertion fluide dans les communautés d’origine.
Entre incitation politique et démantèlement des camps
Ce retour massif fait suite à un appel direct du Président de la République en décembre dernier. Lors d'un échange avec les médias, le chef de l'État avait multiplié les garanties sécuritaires, affirmant qu'aucune poursuite judiciaire ne visait les exilés.
Pourtant, derrière ces promesses de réconciliation, la situation dans les camps tanzaniens, notamment à Nyarugusu, ressemble à une impasse forcée :
Destruction d'infrastructures : Des réfugiés rapportent la démolition d'habitations.
Privation de services : Suspension des soins de santé et de l'accès à l'éducation.
Pression administrative : Sommation de s'enregistrer pour le départ sous peine de se retrouver sans aucune assistance.
Un cadre sécuritaire contesté
Si les autorités tanzaniennes et burundaises justifient ces mesures par une "amélioration notable" de la sécurité au Burundi, les organisations de défense des droits humains et les réfugiés eux-mêmes restent prudents. Pour beaucoup, ce retour s'apparente davantage à une expulsion déguisée qu'à un choix délibéré, soulevant des questions majeures sur la durabilité de cette réintégration et le respect du droit international concernant le statut de réfugié.

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