Tensions Burundi-Rwanda : RED-Tabara dément tout lien avec Kigali et accuse Gitega de « fourberie »
DANS UNE DÉCLARATION PUBLIÉE CE 29 JANVIER 2026, LE MOUVEMENT REBELLE BURUNDAIS RED-TABARA RÉAGIT VIVEMENT AUX DERNIÈRES ACCUSATIONS DU PRÉSIDENT ÉVARISTE NDAYISHIMIYE. LE GROUPE DÉNONCE UNE STRATÉGIE DE COMMUNICATION VISANT À DÉTOURNER L’ATTENTION INTERNATIONALE DES REVENDICATIONS DÉMOCRATIQUES AU BURUNDI.
Par la Rédaction
La guerre des mots s’intensifie entre le régime de Gitega et la Résistance pour un État de Droit (RED-Tabara). Dans un document officiel signé par son porte-parole militaire, Patrick Nahimana, le mouvement rebelle rejette en bloc les propos tenus par le président Évariste Ndayishimiye lors d'une interview accordée le 17 janvier dernier à la chaîne congolaise RTNC.
Un démenti formel sur les alliances régionales
Le président burundais avait affirmé que RED-Tabara n’était qu’un « instrument du Rwanda » entraîné pour déstabiliser le Burundi. Pour le mouvement rebelle, ces déclarations relèvent du mensonge délibéré. Pour preuve, le groupe rappelle un événement clé : le 30 juillet 2021, le Rwanda avait lui-même livré dix-neuf combattants de RED-Tabara aux autorités burundaises après qu'ils s’étaient égarés dans la forêt de Nyungwe.
« Comment le Rwanda peut-il soutenir RED-Tabara alors qu'il ne cesse de négocier avec le Burundi pour aplanir leurs différends ? », s'interroge le texte.
RED-Tabara clarifie également sa position vis-à-vis d'autres conflits régionaux, réfutant tout lien avec le groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo (RDC). Le mouvement précise que sa création en 2011 est antérieure à celle du M23 (2012) et qu’il n'existe aucune structure commune entre les deux entités.
Le coup d'État de 2015 au cœur du différend
La déclaration revient aussi sur la tentative de putsch de 2015 au Burundi. Alors que le président Ndayishimiye lie les combattants de RED-Tabara à cet événement, le mouvement réplique en soulignant que les auteurs de ce coup d'État manqué étaient des militaires en fonction au sein de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB), et non des membres de leur organisation, déjà active depuis 2011.
Un appel au respect de l’Accord d’Arusha
Au-delà de la polémique militaire, RED-Tabara replace le débat sur le terrain politique. Le groupe accuse le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, de violer l’Accord d’Arusha, texte fondateur de la paix au Burundi.
Selon le porte-parole Patrick Nahimana, les accusations de complicité avec le Rwanda ne sont qu'un « écran de fumée » pour éviter de répondre aux revendications du mouvement, à savoir :
L'organisation d'élections démocratiques, libres et inclusives.
Le respect de l’État de droit.
La réouverture du dialogue avec l'opposition politique et armée.
Une communauté internationale prise à témoin
Le mouvement conclut en interpellant les garants de l’Accord d’Arusha, les accusant de « léthargie ». RED-Tabara appelle à une pression internationale accrue sur le régime burundais pour le contraindre à négocier avec son opposition, affirmant que leur lutte ne s'arrêtera pas tant que les principes de transparence et de justice ne seront pas rétablis.
Source : Déclaration de RED-TABARA du 29 Janvier 2026.

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