Tensions au Sud-Kivu : Le déploiement militaire burundais sème l’angoisse à Lusenda
Un climat de peur viscérale s’est emparé du camp de réfugiés de Lusenda, dans le territoire de Fizi. Alors que la région du Sud-Kivu s'enfonce dans une nouvelle phase d'instabilité, la présence massive et le comportement des troupes burundaises stationnées à proximité du camp font l'objet de graves dénonciations.
Une présence militaire oppressante
Selon des sources locales et des témoignages recueillis auprès des résidents, deux bataillons des Forces de Défense Nationale du Burundi (FDNB) sont actuellement déployés dans la zone. Contrairement aux protocoles habituels de protection, ces militaires stationnés aux abords immédiats du camp de Lusenda multiplieraient les incursions à l’intérieur même du site.
Cette promiscuité forcée plonge les réfugiés, qui ont fui leur pays d'origine précisément pour échapper à l’insécurité, dans une panique constante. « Nous ne dormons plus », confie un leader communautaire sous couvert d'anonymat. « Voir ces uniformes circuler librement entre nos tentes nous rappelle les traumatismes que nous avons fuis. »
Allégations de violences sexuelles
Plus grave encore, des accusations de violations graves des droits humains commencent à émerger. Plusieurs femmes réfugiées auraient été victimes de violences sexuelles de la part de militaires burundais. Ces actes, s'ils sont confirmés, transforment ce lieu de refuge en un espace de vulnérabilité extrême où les femmes craignent désormais de sortir pour chercher de l'eau ou du bois de chauffe.
Une escalade stratégique vers Minembwe
Ce renforcement de présence intervient dans un contexte militaire tendu. Après le revers cinglant subi début décembre 2025 dans la plaine de la Ruzizi et à Uvira face à la coalition AFC/M23, Bujumbura semble avoir opté pour une stratégie de surenchère.
De nouveaux mouvements de troupes ont été signalés vers les localités de :
Bibokoboko
Minembwe (Point-Zéro)
Pour de nombreux observateurs de la région, ce nouveau déploiement dans les hauts plateaux de Fizi s'apparente à une « provocation délibérée ». En positionnant ses troupes dans ces zones stratégiques et sensibles, le Burundi risque d'alimenter une escalade dangereuse du conflit, impliquant davantage d'acteurs régionaux dans une guerre qui ne cesse de se fragmenter.
Un appel à la protection internationale
Face à cette situation explosive, les organisations de la société civile demandent une intervention urgente du HCR (Haut Commissariat pour les Réfugiés) et de la MONUSCO pour garantir la sécurité et le caractère civil du camp de Lusenda.
La question demeure : jusqu'où ira cette coopération militaire entre Kinshasa et Bujumbura au mépris de la sécurité des populations civiles les plus vulnérables ?

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