Région des Grands Lacs : Ndayishimiye plaide pour un déploiement de la MONUSCO aux frontières du Rwanda
Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a déclaré que, pour rassurer le Rwanda quant à l’absence de toute menace d’attaque, les troupes de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) devraient être déployées le long de sa frontière.
Il a avancé cette proposition lors d’une rencontre avec les représentants diplomatiques accrédités au Burundi, affirmant que sa mise en œuvre permettrait à la RDC et à l’ensemble de la région de parvenir à une paix durable.
S’adressant aux diplomates, Évariste Ndayishimiye a reconnu que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC est extrêmement grave, tout en soulignant que le gouvernement burundais continue de prier afin que la guerre ne s’étende pas à toute la région.
Il a estimé que les États-Unis devraient faire le nécessaire pour que les accords signés entre le Rwanda et la RDC soient respectés, ajoutant que les forces de la MONUSCO devraient être mises à contribution afin de rassurer les pays de la région sur leur sécurité.
« Si la MONUSCO est utilisée comme force d’interposition, avec des troupes neutres déployées entre la frontière du Rwanda et celles du Burundi et de la RDC, le Rwanda pourrait être rassuré quant à sa sécurité, le Congo retrouverait la paix et pourrait entamer un dialogue de paix inclusif entre Congolais », a déclaré Évariste Ndayishimiye.
Le président burundais a également souligné qu’il est impossible d’engager des négociations de paix en RDC en l’absence d’un cessez-le-feu, d’une force d’interposition entre les parties en conflit ou du retrait et de la démobilisation des combattants.
« Pour que cela soit possible, la MONUSCO doit être renforcée et travailler davantage », a-t-il ajouté.
Les accords de paix signés entre le Rwanda et la RDC le 27 juin 2025, sous la médiation des États-Unis, indiquent que la sécurité du Rwanda est menacée par le groupe armé FDLR, considéré comme terroriste.
Évariste Ndayishimiye n’a toutefois fait aucune référence directe à cette question, mettant plutôt en avant la MONUSCO comme principale solution.
Dans ces accords, le gouvernement congolais s’était engagé à démanteler les FDLR, un engagement qui, jusqu’à présent, n’a pas été respecté. Au contraire, les forces congolaises, burundaises ainsi que les milices Wazalendo continuent de coopérer avec ce groupe armé dans les combats contre les rebelles de l’AFC/M23.
Tout porte à croire que le président Évariste Ndayishimiye ne soutient pas la décision de démanteler les FDLR prévue dans les accords de Washington, alors que des informations font état de la présence de certains de leurs combattants sur le territoire burundais.
Source : Igihe

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