Est de la RDC : le rôle controversé du Burundi dans les opérations militaires au Sud-Kivu
Alors que la situation sécuritaire demeure extrêmement volatile dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), plusieurs sources locales et régionales pointent une implication directe du Burundi aux côtés des forces gouvernementales congolaises dans les opérations militaires en cours dans le territoire de Fizi, à Uvira, Minembwe ainsi que dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu.
Selon des informations relayées par des observateurs indépendants et des acteurs de la société civile, des unités de l’armée burundaise auraient été déployées aux côtés des FARDC, dans un contexte marqué par des affrontements violents, des opérations dites de « nettoyage » et de graves accusations d’exactions contre des civils.
Déploiement militaire burundais au Sud-Kivu
Des sources sécuritaires indiquent que le Burundi aurait renforcé sa présence militaire dans cette zone stratégique sous couvert de coopération bilatérale avec Kinshasa. Ce déploiement s’inscrit officiellement dans la lutte contre les groupes armés opérant dans la région. Toutefois, sur le terrain, cette présence suscite une vive inquiétude parmi les populations locales.
Après la coupure des réseaux de télécommunications et d’Internet à Uvira et Minembwe, plusieurs témoins affirment avoir observé l’arrivée de militaires burundais, parfois accompagnés d’éléments présentés comme des mercenaires étrangers, dans les zones montagneuses et les plateaux où vivent majoritairement des communautés civiles déjà fragilisées par des années de conflit.
Silence médiatique et inquiétudes humanitaires
La coupure des communications, attribuée aux autorités de Kinshasa, est perçue par de nombreux analystes comme une tentative de réduire la circulation des informations sur les opérations militaires en cours. Ce black-out informationnel rend difficile toute vérification indépendante des faits, mais alimente les soupçons d’exactions commises dans des zones où l’armée burundaise serait engagée.
Des acteurs locaux dénoncent un climat de peur, marqué par des déplacements forcés de populations, des pillages présumés et des violations des droits humains. La présence de forces étrangères, notamment burundaises, est considérée par une partie de l’opinion comme un facteur aggravant du conflit plutôt qu’un élément de stabilisation.
Le Burundi, un acteur régional de plus en plus engagé
Depuis plusieurs années, le Burundi renforce son implication militaire dans l’est de la RDC, officiellement pour des raisons sécuritaires et dans le cadre d’accords avec le gouvernement congolais. Cependant, cette stratégie soulève des interrogations sur les véritables objectifs de Bujumbura, notamment dans une région où s’entremêlent enjeux sécuritaires, communautaires et géopolitiques.
Pour plusieurs observateurs, l’engagement du Burundi dans ces opérations s’inscrit dans une dynamique régionale où les États voisins de la RDC deviennent des acteurs directs du conflit, au risque d’internationaliser davantage une crise déjà complexe.
Appels à la transparence et à la protection des civils
Face à la gravité des accusations, des voix s’élèvent pour exiger une clarification du rôle exact du Burundi, ainsi qu’une enquête indépendante sur les opérations conjointes menées au Sud-Kivu. Les organisations de défense des droits humains appellent à la protection urgente des civils, au rétablissement des communications et à un accès humanitaire sans entrave.
Dans un contexte où la paix reste fragile dans la région des Grands Lacs, l’implication militaire du Burundi en RDC pose une question centrale : contribue-t-elle réellement à la stabilisation, ou risque-t-elle d’alimenter un cycle de violences aux conséquences imprévisibles ?

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