Où sont passés les radars et feux rouges ? L’Olucome alerte sur la disparition des outils de régulation routière

À quelques jours de la Journée internationale de lutte contre la corruption, célébrée le 9 décembre, l’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Économiques (Olucome) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Son président, Gabriel Rufyiri, interpelle les autorités sur la dégradation des infrastructures publiques, notamment le manque des radars, des feux rouges et l’absence totale de caméras routières dans le pays.

Dec 15, 2025 - 12:07
 0  96
Où sont passés les radars et feux rouges ? L’Olucome alerte sur la disparition des outils de régulation routière

S’exprimant lors d’un point de presse tenu à l’Hôtel Source du Nil, M. Rufyiri a posé des questions qui, selon lui, devraient inquiéter tout citoyen : « Où sont passés les radars ? Tu sais comment ils éduquaient la population ? Et les feux rouges ? Comment expliquer qu’un pays ne dispose même pas d’une seule caméra sur ses routes ? »

Pour le président de l’Olucome, ces absences sont des signes visibles d’un problème plus profond : la corruption qui gangrène la gestion publique. Il cite des zones où l’on ne trouve ni routes dignes de ce nom, ni bâtiments publics de base. Et même lorsque des projets sont réalisés, ils ne tiennent pas dans le temps.

« On construit une route qui ne tient même pas deux ans. Cela enrichit uniquement ceux qui exécutent ces travaux », a-t-il dénoncé.
Il a également rappelé l’existence de sociétés “fantômes”, enregistrées au nom de prête-noms, qui profitent illégalement de marchés publics.

Une obligation constitutionnelle ignorée

M. Rufyiri a rappelé que l’article 69 de la Constitution impose à chaque citoyen le devoir de protéger le patrimoine national. Pourtant, selon lui, la réalité montre que cet engagement est loin d'être respecté.

Le Burundi a signé en 2005 la Convention des Nations unies contre la corruption, avant d’adopter en 2006 une loi réprimant les actes de corruption et les infractions connexes. Des institutions spécialisées avaient été mises en place  une police et un parquet dédiés avant d’être plus tard supprimées, affaiblissant davantage le dispositif de lutte.

À la veille du 9 décembre, l’Olucome a lancé une campagne de 16 jours de lutte contre la corruption, avec pour objectif de sensibiliser la population et d’exhorter les autorités à assumer leurs responsabilités.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX