Échec au départ : La stratégie de l'État-Major burundais pour stopper l'hémorragie des troupes
Une nouvelle directive de l'État-Major Général de la Force de Défense Nationale du Burundi (FDNB) vient raviver les tensions et les spéculations au sein de l'appareil sécuritaire. Alors que des rumeurs font état de "disparitions" ou de départs massifs de militaires vers des destinations inconnues, le commandement militaire serre la vis sur la possession de documents de voyage.
L'Interdiction Formelle du Passeport Ordinaire
Dans une note de service datée de fin janvier 2026, signée par le Général Prime Niyongabo, Chef de la FDNB, l'armée rappelle une règle stricte : aucun militaire n'est autorisé à posséder un passeport ordinaire. Le document est sans équivoque :
Dépôt obligatoire : Tous les militaires détenant un passeport ordinaire ou tout autre document de voyage doivent le déposer à l'EMG/FDNB-G1 au plus tard le 10 février 2026.
Le "Passeport de Service" comme unique voie : Seul ce document, délivré spécifiquement pour des missions officielles, est autorisé pour franchir les frontières.
Sanctions sévères : Toute violation est considérée comme une "transgression" exposant l'auteur à des sanctions disciplinaires et légales.
Un Lien avec les Défections ?
Cette mesure drastique intervient dans un contexte de nervosité croissante. Selon plusieurs sources locales et observateurs de la région, cette décision viserait à freiner une vague de départs non autorisés.
De nombreux militaires chercheraient à quitter le pays, soit par crainte de purges internes, soit pour fuir des conditions de vie de plus en plus précaires ou des déploiements risqués sur des théâtres d'opérations extérieurs. En confisquant les passeports, le haut commandement cherche à verrouiller les frontières pour ses propres troupes, limitant ainsi les risques de défections massives vers l'étranger.
Une Procédure d'Exception Verrouillée
Si un militaire souhaite voyager à titre privé pour des "cas exceptionnels", la procédure devient un véritable parcours du combattant. Il doit solliciter l'autorisation du commandement de la FDNB, qui se chargera lui-même de la demande auprès des autorités compétentes. En clair, l'autonomie de mouvement du soldat burundais est désormais quasi nulle.
Climat de Suspicion
Pour les familles de militaires, cette mesure renforce l'inquiétude. "Si on leur retire leurs papiers, c'est qu'on craint qu'ils ne reviennent pas", confie un proche de militaire sous couvert d'anonymat. Cette gestion administrative rigide illustre une volonté de reprise en main totale des effectifs, alors que le pays fait face à des défis sécuritaires et politiques persistants.
Reste à savoir si cette mesure suffira à stabiliser les rangs ou si elle ne fera qu'accentuer le désir d'ailleurs de ceux qui voient désormais leur liberté de mouvement totalement entravée

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