Burundi : Les intérêts privés freinent la reconstruction du marché central, selon l’Olucome
Treize ans après l’incendie dévastateur qui a ravagé le marché central de Bujumbura, le site reste désespérément vide. Selon l’ONG locale Olucome, ce blocage n’est pas dû à un manque de moyens, mais à des calculs personnels : certains décideurs retarderaient volontairement les travaux pour protéger leurs intérêts financiers dans les commerces environnants.
Des conflits d’intérêts pointés du doigt
D'après l'Observatoire de lutte contre la corruption et les malformations économiques (Olucome), la stagnation du projet cache des enjeux immobiliers.
« Les lenteurs dans la reconstruction s’expliquent par le fait que certains responsables, pourtant habilités à délivrer les autorisations, possèdent des intérêts dans les parcelles entourant le marché. Ils craignent tout simplement de voir leurs profits chuter avec la réouverture d'un site officiel », explique Alexis Nimubona, responsable de la communication de l’organisation.
Une succession de projets avortés
L’historique du chantier est marqué par une série d’échecs et de partenariats infructueux. Alexis Nimubona a rappelé que plusieurs entreprises se sont succédé sans succès :
Cino Africa (2014) : Un projet qui n'a jamais abouti, l'entreprise ayant été soupçonnée de pratiques frauduleuses par l'ONG.
Ubaka Nation Group (2024) : Le dernier acteur en date, dont les promesses tardent à se concrétiser sur le terrain.
L’urgence sociale face au secteur informel
En l’absence d’un marché moderne, le secteur informel a pris le dessus. Faute de site fonctionnel, des centaines de commerçants occupent désormais les parcelles et ruelles adjacentes pour survivre. Cette situation précaire souligne l'urgence de stabiliser l'économie locale.
Les recommandations de l'Olucome
Pour sortir de l'impasse, l'ONG préconise une approche plus rigoureuse :
Expertise technique : Confier le chantier à un expert qualifié capable d'ériger un marché modèle et inclusif.
Responsabilité de l'État : L’Olucome rappelle que le gouvernement dispose des leviers nécessaires pour piloter ce projet d'infrastructure vital sans dépendre de partenaires privés opaques.

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