Affaire du Falcon 50 : l’Olucome dénonce 15 ans d’inaction judiciaire
L’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les malversations économiques (OLUCOME) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur l’affaire liée à l’avion présidentiel Falcon 50. Son président, Gabriel Rufyiri, déplore l’inaction prolongée de la justice burundaise malgré l’existence de documents accablants transmis aux autorités depuis plus de quinze ans.
S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi , Rufyiri affirme que son organisation avait remis à l’État des dossiers détaillés visant à faciliter l’ouverture d’enquêtes et l’identification des responsables. « Le gouvernement avait accusé réception de ces documents et promis un suivi judiciaire, mais le dossier est resté bloqué au parquet pendant quinze ans », a-t-il dénoncé.
Gabriel Rufyiri a également critiqué l’attitude de certaines autorités, notamment au sein du ministère des Finances. Faisant allusion aux récentes du ministre en charge de finance sur la détournement des fonds publiques, il juge par exemple incohérent qu’un ministre reconnaisse publiquement l’existence de réseaux de prédation des ressources publiques sans pour autant mettre en place des mécanismes d’enquête indépendants. « Reconnaître le problème sans agir revient à cautionner l’impunité », a-t-il déclaré.
« Il faut agir »
L’OLUCOME appelle le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour lutter contre la corruption et les détournements de fonds publics. L’organisation plaide pour la fin de l’impunité, la poursuite judiciaire des auteurs de malversations, la transparence dans la gestion des finances publiques et la publication régulière de rapports sur l’utilisation des fonds de l’État.
Pour l’ONG anticorruption, la restauration de la justice et la sanction des crimes économiques sont des conditions indispensables à la bonne gouvernance et au développement durable du pays. Sans cela, avertit-elle, les ambitions affichées pour l’avenir risquent de rester lettre morte.

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