Évariste Ndayishimiye sur la libération de Bunyoni : « Il se croyait au-dessus des lois »
Longtemps considéré comme le numéro deux du régime burundais avant sa chute brutale, le général Alain-Guillaume Bunyoni a été libéré en mars 2026. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le Président Évariste Ndayishimiye est revenu sur les raisons de cette décision, balayant d'un revers de main les rumeurs de compromis politique.
Un motif strictement humanitaire
Alors que les spéculations allaient bon train sur une éventuelle manœuvre visant à apaiser les partisans de l’ancien homme fort du pays, le chef de l’État burundais s'est montré catégorique : la libération de Bunyoni est une décision d'ordre médical.
« Il était hospitalisé depuis plus de trois mois. Pourquoi garder quelqu'un en détention quand sa santé ne lui permet plus de poser problème et qu'il n'a plus aucune influence ? », a déclaré le Président Ndayishimiye.
Le président a précisé que cette mesure s'inscrit dans le cadre des inspections semestrielles des établissements pénitentiaires, visant à désengorger les prisons en libérant les détenus ne représentant plus une menace pour la sécurité nationale.
De la toute-puissance à la cellule
Le parcours d'Alain-Guillaume Bunyoni est celui d'une ascension fulgurante suivie d'une chute vertigineuse. Figure centrale de l'appareil sécuritaire pendant deux décennies, il a occupé les fonctions de :
Chef de la Police nationale (2005-2007)
Ministre de la Sécurité intérieure (2015-2020)
Premier Ministre (2020-2022)
Cependant, selon le Président Ndayishimiye, cette longévité au pouvoir aurait conduit Bunyoni à un sentiment d'impunité fatidique. « C'est l'une de ces personnes qui, par le passé, se sont comportées comme si elles étaient au-dessus des lois », a souligné le chef de l'État.
Un rappel à l’ordre judiciaire
Pour rappel, le général Bunyoni avait été condamné à la prison à perpétuité par la Cour Suprême en 2025. Le dossier judiciaire était lourd, comprenant sept chefs d'accusation majeurs, dont :
Tentative de coup d'État et complot contre le Président.
Outrage aux autorités et détention illégale d'armes.
Enrichissement illicite et déstabilisation de l'économie nationale.
Malgré cette condamnation définitive, sa libération pour raisons de santé marque un tournant dans ce feuilleton judiciaire qui a tenu le Burundi en haleine. Pour le pouvoir en place, il ne s'agit pas d'une amnistie politique, mais d'un acte de compassion envers un homme physiquement affaibli, dont le poids politique semble appartenir au passé.

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