​« Burundi 2027 : Ndayishimiye met en garde contre le vote par affinité sur fond de rivalité avec le CNDD-FDD »

Alors que les rumeurs de dissensions entre le Président Évariste Ndayishimiye et le Secrétaire Général du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, s'intensifient, la sortie médiatique du Chef de l'État sonne comme un avertissement. Entre velléités électorales pour 2027 et rappel à l’ordre institutionnel, le climat politique burundais entre dans une zone de turbulences.

Jan 10, 2026 - 08:16
Jan 10, 2026 - 08:19
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​« Burundi 2027 : Ndayishimiye met en garde contre le vote par affinité sur fond de rivalité avec le CNDD-FDD »
Un message codé aux militants ?
​L'ambiance était solennelle vers la fin de l'année à la Présidence. Devant un parterre de journalistes, Évariste Ndayishimiye n'a pas mâché ses mots. En appelant les citoyens à « cesser de voter par affinité », le Chef de l'État semble viser directement les réseaux d'influence qui se tissent au sein même de son parti, le CNDD-FDD.
​« Il est temps de cesser de voter simplement parce que c’est mon voisin ou qu’il va m’avantager. Il faut élire des leaders qui voient loin », a martelé le Président.
​Pour de nombreux observateurs, cette déclaration n'est pas anodine. Elle intervient au moment où les relations avec Révérien Ndikuriyo, l'homme fort de l'appareil du parti, semblent s'être considérablement refroidies. En coulisses, le nom de Ndikuriyo circule avec insistance comme un potentiel candidat pour la présidentielle de 2027, créant un dualisme inédit au sommet du pouvoir.
Critique acerbe de l’administration et de la discipline.
​Au-delà de la stratégie électorale, le Président a dressé un bilan sans concession de la moralité publique. Il a fustigé une autorité devenue parfois « aveugle » et dépourvue de vision, visant aussi bien les chefs de quartier que les hauts responsables.
Le Président a notamment illustré ce manque de rigueur par des exemples frappants :
​L’alcoolisme au travail : Des policiers retrouvés ivres dès 10 heures du matin.
​Le clientélisme : Une gestion basée sur les faveurs plutôt que sur la compétence.
​L'absence de vision : Un rappel que le leadership ne se résume pas à l'occupation d'un poste.
L’ombre de 2027
​Si le mandat actuel est encore en cours, la course pour 2027 semble avoir déjà commencé. La tension entre la « vision » prônée par Ndayishimiye et la « base » contrôlée par Ndikuriyo dessine les contours d'une lutte de pouvoir interne. En demandant aux Burundais de choisir des leaders « clairvoyants », Ndayishimiye tente de reprendre la main sur le récit politique, se posant en garant de la modernité face aux pratiques anciennes du favoritisme.
​Le Secrétaire Général du parti, connu pour ses tournées incessantes à l'intérieur du pays et son discours très ancré dans l'idéologie des anciens combattants, n'a pas encore réagi officiellement. Mais le fossé qui se creuse entre les deux hommes pourrait bien redéfinir le paysage politique du Burundi dans les mois à venir.
Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX