Tension diplomatique : Entre rumeurs de dégel et démentis cinglants entre Kigali et Gitega

​Alors que des échos de négociations secrètes entre le Rwanda et le Burundi commençaient à circuler, le ministère burundais des Affaires étrangères a fermement coupé court à toute spéculation. Entre guerre de communication et frontières fermées, le fossé semble s’élargir davantage.

Dec 30, 2025 - 08:43
Dec 30, 2025 - 13:11
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Tension diplomatique : Entre rumeurs de dégel et démentis cinglants entre Kigali et Gitega

Un vent d'optimisme vite balayé

​Tout a commencé par une publication du média rwandais Igihe. L'emission suggérait qu'une délégation burundaise s'était récemment rendue au Rwanda pour amorcer un dialogue en vue de la réouverture des frontières. Cette information laissait entrevoir une lueur d'espoir pour les populations locales, durement touchées par la fermeture unilatérale des frontières décrétée par Gitega en janvier 2024.

La réponse cinglante du Burundi

​La réaction burundaise ne s'est pas fait attendre et a été d'une virulence rare. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères (relayé par l'ambassadeur Edouard Bizimana), le gouvernement burundais a qualifié ces informations d'« absurdités » et de « fabrications ».

​« Aucun émissaire burundais n'a été envoyé au Rwanda, point final ! », a tranché le chef de la diplomatie.

​Pour Gitega, cette communication rwandaise ne serait qu'une stratégie de diversion visant à apaiser une prétendue « colère populaire » au Rwanda en détournant l'attention vers les affaires burundaises. Le journal Ikiriho, souvent considéré comme proche des services de renseignement burundais, a relayé avec force ce démenti, renforçant la posture de fermeté du pays.

Une frontière, deux réalités

​Ce nouvel accrochage médiatique illustre l'impasse actuelle :

​Côté Rwandais : On semble vouloir projeter l'image d'une main tendue et d'une volonté de normalisation, mettant l'accent sur les bénéfices économiques d'une réouverture.

​Côté Burundais : La méfiance reste absolue. Le gouvernement burundais continue d'accuser le Rwanda de soutenir des groupes rebelles (notamment le RED-Tabara), une condition non négociable dont l'arrêt est exigé avant toute reprise de dialogue.

Un dialogue de sourds

​Cette confusion médiatique souligne la fragilité de la région. Là où les populations espèrent une libre circulation des biens et des personnes, les deux administrations se livrent une guerre de l'information. Si pour certains analystes, il n'y a « pas de fumée sans feu », le démenti catégorique de Gitega confirme que, pour l'heure, les ponts sont loin d'être rétablis

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX