Tension diplomatique : Entre rumeurs de dégel et démentis cinglants entre Kigali et Gitega
Alors que des échos de négociations secrètes entre le Rwanda et le Burundi commençaient à circuler, le ministère burundais des Affaires étrangères a fermement coupé court à toute spéculation. Entre guerre de communication et frontières fermées, le fossé semble s’élargir davantage.
Un vent d'optimisme vite balayé
Tout a commencé par une publication du média rwandais Igihe. L'emission suggérait qu'une délégation burundaise s'était récemment rendue au Rwanda pour amorcer un dialogue en vue de la réouverture des frontières. Cette information laissait entrevoir une lueur d'espoir pour les populations locales, durement touchées par la fermeture unilatérale des frontières décrétée par Gitega en janvier 2024.
La réponse cinglante du Burundi
La réaction burundaise ne s'est pas fait attendre et a été d'une virulence rare. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères (relayé par l'ambassadeur Edouard Bizimana), le gouvernement burundais a qualifié ces informations d'« absurdités » et de « fabrications ».
« Aucun émissaire burundais n'a été envoyé au Rwanda, point final ! », a tranché le chef de la diplomatie.
Pour Gitega, cette communication rwandaise ne serait qu'une stratégie de diversion visant à apaiser une prétendue « colère populaire » au Rwanda en détournant l'attention vers les affaires burundaises. Le journal Ikiriho, souvent considéré comme proche des services de renseignement burundais, a relayé avec force ce démenti, renforçant la posture de fermeté du pays.
Une frontière, deux réalités
Ce nouvel accrochage médiatique illustre l'impasse actuelle :
Côté Rwandais : On semble vouloir projeter l'image d'une main tendue et d'une volonté de normalisation, mettant l'accent sur les bénéfices économiques d'une réouverture.
Côté Burundais : La méfiance reste absolue. Le gouvernement burundais continue d'accuser le Rwanda de soutenir des groupes rebelles (notamment le RED-Tabara), une condition non négociable dont l'arrêt est exigé avant toute reprise de dialogue.
Un dialogue de sourds
Cette confusion médiatique souligne la fragilité de la région. Là où les populations espèrent une libre circulation des biens et des personnes, les deux administrations se livrent une guerre de l'information. Si pour certains analystes, il n'y a « pas de fumée sans feu », le démenti catégorique de Gitega confirme que, pour l'heure, les ponts sont loin d'être rétablis

English
Kirundi
Français