Crise sécuritaire dans les Grands Lacs : Kigali, Bujumbura et Kinshasa s’accusent mutuellement de violer les accords de paix
Alors que le mouvement rebelle M23 affirme avoir pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira, à seulement 31 km de Bujumbura, les tensions entre la RDC, le Rwanda et le Burundi atteignent un nouveau sommet. À peine quelques jours après la signature des accords de cessez-le-feu à Washington, les combats ont repris dans l’Est congolais, jetant un doute sur la volonté réelle des parties à œuvrer pour la paix.
Dans un communiqué publié le 10 décembre 2025, le gouvernement rwandais accuse ouvertement les armées congolaise (FARDC) et burundaise (FDNB) d’avoir mené des attaques contre des civils près de sa frontière, dans la province du Sud-Kivu. Kigali estime que Kinshasa a violé les engagements pris à Washington et a choisi de « poursuivre la voie de la guerre ».
De son côté, Bujumbura rejette ces accusations. Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a révélé que le Rwanda a lancé des bombes sur le territoire burundais le 5 décembre, blessant une femme et un enfant. Il accuse Kigali de chercher à se dédouaner de ses actes en désignant le Burundi comme bouc émissaire.
Pendant ce temps, les accords de paix semblent piétiner. Le Rwanda appelle à une application rapide des accords de Washington et de Doha comme seule issue viable pour ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Alors que les populations civiles fuient les zones de conflit, la communauté internationale observe, inquiète, la résurgence de tensions qui rappellent de sombres épisodes de l’histoire régionale.

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