Burundi : "Des incohérences dans la collecte des impôts locaux soulèvent des préoccupations"
L'organisation non gouvernementale PARCEM, exprime ses inquiétudes concernant la gestion actuelle des impôts l dans le pays. Dans son analyse rendu public ce jour, elle met en lumière des difficultés liées à la double perception des taxes, un phénomène qui affecte de nombreux contribuables burundais.
Selon Faustin Ndikumana, directeur executif de la PARCEM, plusieurs citoyens se retrouvent à payer leurs impôts deux fois : une première fois directement auprès des communes et une seconde fois via l'Office Burundais des Recettes (OBR), l'organe gouvernemental en charge de la collecte des impôts. Ce double prélèvement génère confusion et mécontentement chez les citoyens, ce qui remet en question l'efficacité du système fiscal local.
« Cette situation n’est pas seulement un désagrément pour les contribuables, mais elle témoigne également d’un manque de coordination entre les communes et l’OBR. Il est urgent de clarifier les responsabilités respectives des deux institutions en matière de collecte des impôts locaux », a déclaré Faustin Ndikumana.
L'organisation PARCEM appelle donc le ministre des Finances à intervenir rapidement afin d’établir un cadre juridique et administratif plus clair, précisant les types d’impôts que chaque commune peut percevoir. « Les communes et l'OBR ne devraient pas être en concurrence ; elles doivent travailler en synergie pour garantir une collecte juste et efficace des taxes », a ajouté Ndikumana.
Le principe de la décentralisation fiscale, qui vise à rapprocher les services publics des citoyens, est également en jeu. Si la collecte des impôts n’est pas bien organisée, les objectifs de cette réforme risquent de rester lettre morte, nuisant ainsi à l’adhésion des Burundais à cette initiative. PARCEM souligne que même si l’OBR reste l’instance principale pour la collecte des impôts, les communes pourraient se voir attribuer une part des recettes afin de renforcer leur capacité à servir les citoyens.
« Le but de cette réforme n’est pas seulement d’augmenter les recettes fiscales, mais aussi d’améliorer l’accès des citoyens aux services de l'État. Or, cela ne pourra se réaliser si le système fiscal local reste chaotique », conclut l'organisation dans son communiqué.

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